L’architecture et la ville de demain

Comme souvent, mon implication active dans la commission culture et éducation fonctionne comme un aimant. Repérée sur ces sujets, je reçois un appel en janvier 2023 de Pablo Lhoas, directeur de l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), pour m’alerter sur la grave crise de gouvernance que traversent les écoles d’architecture en général et la sienne, à Lille, en particulier. Je suis surprise car cette école a une excellente réputation et je peine à croire que son avenir puisse à ce point être menacé. Quelques semaines plus tard, j’obtiens un rendez-vous avec lui auprès de Tristan Frigo et Raphaël Coulon, deux conseillers du cabinet de la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak.

Je suis alors convaincue de la nécessité de se mobiliser. Fin mars, Hélène Marcoz, présidente du conseil d’administration de l’ENSAPL, vient me trouver à ma permanence de Mouvaux. Avec elle, j’entre dans le vif du sujet. Cette artiste plasticienne, très reconnue, exposée maintes fois, est une femme très douce, discrète mais très déterminée et mobilisée par la situation alarmante de son école. Elle est très inquiète car les étudiants s’apprêtent à participer à une grève d’envergure nationale. Les financements des projets sont aussi insuffisants que le nombre d’élèves formés.

Elle m’expose les enjeux : en septembre 2022, une augmentation des moyens de 20 % avait été allouée à l’enseignement de l’architecture, en plus des « 57 millions d’euros du plan de relance investis dans la rénovation des écoles ». En février 2023, l’ENSA de Rouen n’a pas rouvert ses portes par manque de moyens administratifs. À Rouen comme ailleurs, des ENSA ont donc décidé de faire grève. Il existe un mouvement « ENSA en lutte » pour mettre en avant les problèmes des écoles d’architecture. Hélène Marcoz m’invite à venir rencontrer les élèves et les enseignants à l’école de Lille. J’accepte de me saisir d’un dossier dont je perçois d’emblée les fractures et les conséquences sur le modèle français de formation en architecture au sein de l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au-delà, il s’agit de sujets fondamentaux qui concernent la « transition » écologique, la rénovation du bâti, l’aménagement des territoires ruraux et urbains, les mobilités. Sur tous ces champs qui touchent à la vie quotidienne de chacun de nous, les écoles d’architecture ont des atouts manifestes.

J’arrive devant ce grand bâtiment recouvert d’une peau métallique. Quoi qu’on en pense, il ne laisse guère indifférent. Fruit d’une réflexion conjointe entre les étudiants de l’école régionale d’architecture de Lille (alors hébergée à l’école des Beaux-Arts de Lille) et l’un de leurs enseignants, l’architecte Pierre Eldin (enseignant de 1966 à 1995), il s’agissait de concevoir un nouveau bâtiment pour 300 étudiants, exclusivement consacré à l’enseignement de l’architecture et comportant des lieux d’enseignement ouverts et polyvalents. J’échange avec une trentaine d’élèves, des architectes formateurs de nombreux urbanistes et ingénieurs, qui œuvrent ensuite pour des projets d’aménagement public. Hélène Marcoz me fait visiter les classes, les ateliers de confection, les ateliers artistiques de création, le design 3D. Tout cela me renforce dans l’idée que l’option de l’alternance serait pertinente. Mais je sens des résistances à cette idée, le rejet du monde de l’entreprise comme une sorte d’ingérence, une opposition de principe sans doute liée à l’histoire et à la culture du métier d’architecte. Inexistant, le développement de la formation professionnelle continue pourrait pourtant constituer un facteur de rayonnement indéniable.

Je participe aux travaux de mon collègue Alexandre Holroyd, député Renaissance de la 3e circonscription des Français de l’étranger, qui a mené une mission puis mis au vote une proposition de résolution sur les écoles d’architecture. Celle de Villeneuve-d’Ascq m’avait justement alertée sur les risques d’épuisement du personnel et de baisse de la qualité des enseignements. Cela s’ajoute au déclin des autres structures dédiées à l’architecture dans la métropole lilloise : après vingt ans d’existence, la Maison de l’Architecture et de la Ville (MAAV), basée à Lille, en dessous du pont de Lille-Europe, véritable institution et lieu phare de la culture, du design, de l’architecture et de l’art de la région, a été obligée de mettre la clé sous la porte pour des raisons budgétaires, exactement comme pour la Maison de la Photographie.

L’ENSAPL possède quatre formations de professionnalisations et diplômantes. L’école a aussi un laboratoire de recherche. À la suite de la réforme de 2018, alors que leurs missions ont évolué, ils manquent cruellement de moyens. Seuls 80 postes de titulaires ont été créés depuis 2018, contre les 150 prévus. Les enseignants sont en moyenne présents plus de 300 heures à l’école, sans décharge possible, contre moins de 200 à l’université. Quant au recrutement, il est impossible en l’état actuel. Alors que le nombre d’élèves est passé de 700 à 900 sur ces dernières années, sa dotation a baissé ! Les ENSA sont sous une tutelle spécifique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Culture. Cette tutelle devrait être mieux équilibrée, avec un calibrage des moyens entre ceux accordés par le ministère de la Culture et ceux du ministère de la Recherche. L’application de certaines règles de gestion en vigueur dans les établissements publics d’enseignement supérieur pourrait bénéficier aux ENSA pour surmonter les difficultés administratives et financières.

Je m’engage auprès de ces acteurs de l’école de Lille à solliciter à nouveau la ministre de la Culture, en particulier sur le budget et l’avenir des écoles. Alexandre Holroyd rend un rapport budgétaire où il détaille de nombreuses préconisations qui permettraient de redresser les finances mais qui nécessitent une refonte du système, notamment l’entrée de la professionnalisation et de l’optimisation des moyens, ce qui n’est pas du goût de tous.

Je fais la connaissance de Jean-Charles Huet, architecte à Roubaix et président du conseil régional de l’Ordre des architectes des Hauts-de-France. Il me convie à plusieurs colloques qui me permettent d’aiguiser mon point de vue, comme au conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) dont l’avenir est lui aussi compromis. Les CAUE offrent des services de qualité aux collectivités locales comme aux particuliers. Ils sont présents dans 92 départements. Leur survie est menacée par une réforme des modalités de collecte de la taxe d’aménagement. Cette taxe est un impôt local perçu par les communes, les communautés de communes et les départements. Elle est exigible pour toute création de surface de construction et pour certains aménagements.

D’après la Fédération nationale des CAUE, le manque à gagner pour les années 2024 et 2025 s’élève à 1,5 milliard d’euros. Autant d’argent qui ne sera pas collecté ni reversé aux communes et aux départements. Dès lors, cette situation a des conséquences en cascade : 77 postes ont été supprimés en 2024 dans le réseau des conseils d’architecture. Leur disparition totale serait un coup dur porté à l’exigence de l’amélioration du cadre de vie dans notre pays. Une loi est en cours au Sénat pour réformer cette taxe. Ce sujet est également porté par Benoît Poncelet, directeur du CAUE du Nord, frère d’Étienne Poncelet, ancien architecte en chef des Monuments historiques qui a accompagné mon équipe Faire Respirer Lille lors de notre visite inspirante au Havre. Une famille très engagée au service de la préservation du patrimoine français qui me guide sur les sujets d’urbanisme pour notre ville. Toutes ces rencontres foisonnantes et passionnantes me conduisent à imaginer un colloque pour mettre tous les acteurs autour de la table.

Le 10 juin 2025, à l’Assemblée nationale, se tient un colloque transpartisan consacré à l’avenir des écoles nationales d’architecture et de paysage. J’ai l’honneur d’ouvrir cette journée puisque j’ai accompagné les ENSA dans un contexte de transformations profondes, transformations pédagogiques, sociétales mais aussi, et peut-être surtout, transformations économiques. Les écoles d’architecture portent une mission d’intérêt général décisive, mais leur modèle de financement reste fragile. Nous avons engagé un travail exigeant pour faire reconnaître leurs besoins structurels, clarifier leur gouvernance, sécuriser leurs ressources et valoriser les métiers qui les font vivre.

Ce dialogue constant avec les écoles, les directeurs et directrices, les présidents de conseils d’administration, les étudiants et les enseignants m’a profondément convaincue de la nécessité de replacer l’architecture et le paysage au cœur de la décision publique. Ces disciplines ne sont pas un « supplément d’âme ». Elles façonnent nos territoires, nos paysages, nos manières d’habiter, et même notre capacité collective à répondre aux défis du siècle : transition écologique, inclusion sociale, sobriété foncière, qualité de vie.

Il n’est pas anodin que ce colloque accueille le conseil national de l’Ordre des architectes et l’ensemble des professionnels de la filière. Leur engagement quotidien, sur le terrain, dans les agences, les collectivités et les projets de recherche, éclaire nos débats et nous oblige. Les ENSA ne sont pas seulement des lieux de formation, ce sont aussi des laboratoires vivants, ouverts sur les territoires, l’innovation et la société. Nous avons voulu ce colloque transpartisan car les enjeux de l’architecture et du paysage dépassent les clivages politiques : ce sont des enjeux de civilisation. Parler d’architecture et se préoccuper de son avenir par ses écoles, c’est parler de territoires, de ruralité, de risques, de climat, de logement, d’habitat, de culture architecturale, de déserts architecturaux, de transmission, de réhabilitation, d’innovation et de la capacité des écoles à former les professionnels dont la France a besoin.

Du national au local, je m’appuie en permanence sur ces travaux pour nourrir des propositions solides à destination des Lillois. Au sein de mon équipe, Olivier Asselin y contribue de manière décisive. Conseiller du quartier de Moulins, ingénieur territorial et syndicaliste à la CGT, il porte une vision fine des flux, de l’habitat, des mobilités et des projets urbains municipaux. Son regard permet de pointer les erreurs actuelles, comme le recours systématique à des cabinets extérieurs pour des dossiers qui devraient relever d’une expertise publique interne. Il plaide pour la création de véritables postes d’architectes municipaux, capables de penser le territoire dans sa globalité en intégrant les réalités locales de l’habitat, de l’environnement et de la décarbonation.

Cette exigence est partagée par l’ensemble de mon équipe, notamment Claude Lenglet, ancien urbaniste chez Bouygues et chef du projet Rev3 – troisième révolution industrielle – au conseil régional des Hauts-de-France, projet lui-même nourri par les travaux de l’économiste américain Jeremy Rifkin. Ensemble, nous voulons que Lille assume enfin ses responsabilités, qu’elle se projette pleinement dans le xxie siècle et qu’elle réponde à l’urgence climatique. Décarboner l’industrie et les transports, reconvertir les équipements abandonnés, mutualiser les espaces de convivialité : Lille a tous les atouts pour devenir une ville leader en la matière.

Car à Lille, nous étouffons. Notre ville figure parmi les moins vertes de France, alors même que les épisodes de chaleur se multiplient. Le retard est immense : jusqu’à dix fois moins d’espaces verts par habitant que dans de grandes villes européennes, et une pénurie de parcs et de squares de proximité, propres, accessibles et adaptés aux familles. Cette situation n’est plus acceptable.

Face à ce constat, je fais un choix clair pour le site de Saint-Sauveur, enlisé depuis vingt ans dans des projets avortés et devenu le symbole de nos hésitations collectives. Les 20 hectares de cette friche doivent enfin retrouver un sens : ils seront intégralement transformés en un grand bioparc métropolitain sans bétonisation. Ce projet, que j’ai nommé Arboria, incarne la renaissance écologique de Saint-Sauveur. Forêt urbaine contemporaine, parc de la biodiversité et lieu d’apprentissage du vivant, Arboria sera pensé comme un modèle européen mêlant nature, architecture durable et pédagogie environnementale. Écosystèmes reconstitués, espaces scientifiques, équipements éducatifs éthiques et larges zones ouvertes à tous en feront un véritable poumon vert au service des habitants, des écoles, des chercheurs et des étudiants. Construire sur cet espace serait une faute écologique majeure ; je fais le choix inverse : rendre la nature à la ville.

Cette ambition s’étendra à l’ensemble du territoire, avec la création ou la reconquête de forêts urbaines sur l’îlot Boschetti aux Bois-Blancs, au parc urbain de Lomme, sur les friches d’Hellemmes, ainsi que par la multiplication de petits squares de proximité dans tous les quartiers. Cette stratégie sera rendue lisible par une carte-programme précise, publiée en janvier 2026.

Mais verdir la ville ne suffit pas. Le projet urbain de Lille suppose aussi une transformation profonde de nos modes de construction, de déplacement et de consommation de l’énergie. Il est urgent de rénover et de transformer plutôt que de construire à tout va. Lille fait face à un paradoxe flagrant : nous manquons de logements alors que la ville regorge de bâtiments vides. Plus de 12 000 logements sont vacants, soit 8,6 % du parc résidentiel. À cela s’ajoutent des dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux inoccupés et de nombreux commerces fermés en rez-de-chaussée, qui pourraient accueillir logements, coliving ou activités.

Cette vacance n’est pas un accident mais le résultat d’une politique incohérente. La préemption, qui devrait être un levier, devient souvent un facteur d’abandon : des immeubles achetés avec de l’argent public restent vides pendant des années. Je veux changer radicalement cette pratique : préempter moins mais mieux, fixer des délais stricts de mise en projet, rendre publiques les données et réhabiliter systématiquement pour créer du logement ou des services. Je porterai un plan massif de transformation des logements vacants et des bureaux en habitations, avec un potentiel allant jusqu’à 2 000 logements, tout en mobilisant les grandes friches administratives. La politique actuelle produit trop peu, trop lentement et de manière trop dogmatique.

Le logement est aussi un levier écologique majeur. Pour relancer la production, je souhaite assouplir les quotas actuels de logements sociaux qui bloquent de nombreux projets tout en garantissant un parc plus équilibré : davantage de logements intermédiaires pour les familles, plus de PLAI (prêt locatif aidé d’intégration) pour les plus fragiles et un développement ambitieux du bail réel solidaire. Pour préserver les espaces verts, il faut accepter de construire plus haut là où c’est possible. La densification maîtrisée permet de limiter l’artificialisation, de préserver les sols et de répondre aux besoins sans sacrifier le cadre de vie. Surélever, réhabiliter, réemployer : ce sont les marqueurs d’une ville durable.

Les quartiers de Fives, Moulins et Wazemmes seront au cœur de cette stratégie. J’y concentrerai les investissements du mandat : réhabilitation systématique du bâti lorsque c’est possible, démolition-reconstruction en dernier recours, création de véritables cœurs de quartier végétalisés, embellissement des espaces publics et reconquête du territoire face aux incivilités. Le nouveau programme de rénovation urbaine doit sortir de la bureaucratie qui l’asphyxie et redevenir un outil au service des habitants.

Le bâti constitue enfin un pilier central de la trajectoire zéro carbone. La ville doit montrer l’exemple par un vaste programme de rénovation des bâtiments publics tout en accompagnant fortement les logements privés et le tertiaire. Réduction des consommations énergétiques, lutte contre la précarité énergétique et adaptation au changement climatique sont indissociables.

Notre ambition est claire : faire de Lille une ville zéro carbone à l’horizon 2040. Pour y parvenir, le plan reposera sur une méthode simple et lisible : une première phase de préparation et de diagnostic permettant d’établir un état des lieux, de fixer l’ambition, de lancer des démonstrateurs et de structurer une gouvernance dédiée ; puis une phase de déploiement progressive, par étapes, sur une douzaine d’années. Une gouvernance climat sera mise en place dès le début du mandat, avec la création d’un poste de responsable de la transition environnementale, rattaché directement à la maire, disposant d’un droit de regard sur les décisions structurantes. Une comptabilité carbone sérieuse permettra de suivre les progrès, avec des objectifs annuels de réduction des émissions rendus publics.

Un véritable plan zéro carbone ne se résume pas à des symboles. Il suppose une baisse organisée et rapide de la consommation d’énergies fossiles, le développement massif des énergies renouvelables, la transformation des mobilités, et des infrastructures pensées dès l’origine pour répondre aux enjeux climatiques. Pour Lille, cela signifie des transports publics renforcés et plus fiables, le développement de navettes de proximité, la sécurisation des mobilités douces et la fiabilisation du métro.

Aujourd’hui, la priorité absolue pour les Lillois est simple et concrète : faire fonctionner correctement le métro existant. Les pannes à répétition, les rames supprimées, les quais saturés pourrissent le quotidien de milliers d’usagers. Avant toute fuite en avant, les moyens doivent être mobilisés en urgence pour augmenter les fréquences, élargir les amplitudes horaires et restaurer la fiabilité du réseau tout en assumant une gratuité élargie des transports pour les jeunes de moins de vingt-six ans, les retraités et les personnes en situation de handicap. La transition écologique commence par un service public qui fonctionne. Or, depuis des années, les Lillois entendent des promesses qui ne se traduisent pas sur le terrain. Le SDIT (schéma directeur des transports) voté en 2019 prévoyait des investissements massifs dans les bus à haut niveau de service et de nouvelles lignes de tramway. Six ans plus tard, pas un premier coup de pelle. Cette accumulation d’annonces sans réalisation alimente la défiance et l’exaspération. On ne transforme pas une métropole par des documents stratégiques mais par des chantiers concrets et tenus.

J’ai suivi avec beaucoup d’attention les conclusions de la conférence nationale « Ambition France Transports », lancée en mai 2025, parce que Lille était largement concernée. Elle a posé un diagnostic clair : les infrastructures de transport françaises sont à bout de souffle et nécessitent un effort d’investissement inédit à l’horizon 2040, avec une priorité donnée à la régénération des réseaux existants, à l’augmentation de l’offre du quotidien et à la décarbonation des mobilités. Cette conférence doit déboucher sur une loi-cadre nationale, appelée à redéfinir durablement les financements des transports. Pour Lille et sa métropole, l’enjeu est majeur. Le futur maire de Lille devra être un acteur politique national, capable de porter une voix forte pour défendre les priorités de notre territoire. Le choix stratégique pour notre région est clair : le SERM – le RER métropolitain, reliant le bassin minier au Grand Lille. Ce projet est décisif pour désengorger la ville, réduire les embouteillages, améliorer la qualité de l’air et offrir des alternatives crédibles à la voiture à des dizaines de milliers d’habitants qui n’ont pas d’autre choix que la voiture. C’est un projet de justice sociale, de santé publique et de compétitivité économique.

Cela suppose que Lille ne se replie pas sur elle-même mais qu’elle assume pleinement son rôle de cœur d’une grande métropole européenne en articulation avec le ferroviaire régional, le fret, les mobilités du quotidien et les grands équilibres nationaux de financement. Le prochain maire devra défendre, à Paris, les investissements nécessaires pour la modernisation du métro lillois et pour la réussite du RER métropolitain, car l’un ne va pas sans l’autre. Dans ce cadre, je le dis avec responsabilité : la création de nouvelles stations de métro n’est pas la priorité immédiate des Lillois, à part peut-être dans le parc Saint-Sauveur, puisqu’elle a déjà été prévue dans le tracé existant. Ce serait irresponsable de promettre ce que les finances publiques ne permettent pas de tenir. À horizon de quinze ou vingt ans, lorsque les budgets auront été reconstitués et que les réseaux existants auront été fiabilisés, nous pourrons alors envisager des extensions ciblées – par exemple vers la Belgique, côté Tourcoing – pour accompagner les échanges transfrontaliers et l’emploi. Mais aujourd’hui, l’urgence est ailleurs.

Enfin, pour une ville de Lille zéro carbone, la cité doit mobiliser les jeunes générations, le monde universitaire, la recherche et l’innovation. C’est à cette condition qu’elle devient un projet collectif, partagé, et non une contrainte subie. Les risques de l’inaction sont bien supérieurs à ceux de l’engagement. Nous sommes la dernière génération capable d’infléchir le dérèglement climatique, et la première à en subir pleinement les conséquences. Mon ambition est simple et exigeante : faire de Lille un modèle français de transition urbaine. Une ville qui répare avant de construire, qui végétalise avant de bétonner, qui transforme ses logements vides pour loger ses habitants, qui fait travailler ensemble architectes, ingénieurs, urbanistes et citoyens. Une ville douce, soignée, apaisée, où l’on respire enfin. C’est cette vision lucide, moderne, écologique et profondément humaine que je veux porter comme future maire de Lille.


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24 février 2026