
« Ce que vous vous apprêtez à lire est un plaidoyer pour l’enfance. »
À la suite des révélations sur l’affaire Bétharram ayant entraîné le Premier ministre François Bayrou dans la tourmente, la députée Violette Spillebout n’a pas hésité à descendre dans l’arène. Aux côtés de Paul Vannier, elle a dirigé la commission d’enquête parlementaire pour briser le silence autour des violences faites aux enfants dans les établissements scolaires. L’élue nous livre ici les coulisses de cette investigation, ses rencontres bouleversantes avec les victimes, les visites glaçantes, les auditions mouvementées, les recommandations du rapport parlementaire, et nous révèle aussi les pressions politiques…
Violette Spillebout en est persuadée : cette lutte doit dépasser la guerre des partis.
Un livre transpartisan pour enfin mettre un terme au silence et lutter contre les violences systémiques en milieu scolaire.
Violette Spillebout, née le 2 septembre 1972 à Lyon, est une femme politique française. Elle est députée Renaissance à l’Assemblée nationale depuis 2022 et représente la 9e circonscription du Nord. Elle est aujourd’hui candidate à la mairie de Lille.
Avant-propos
Une femme politique ne devrait pas se jeter corps et âme dans une bataille pour la protection de l’enfance avec un homme politique du bord opposé. Le contexte du scandale de l’affaire Bétharram aurait dû la rebuter, la faire reculer et renoncer. J’ai pensé tout le contraire. Contre vents et marées. Car je ne suis pas à l’Assemblée nationale pour faire de la figuration. Il est vrai que j’ai pris récemment des fonctions d’élue. Conseillère municipale d’opposition à Lille en 2020, puis députée de la 9e circonscription du Nord en 2022, cela fait cinq ans que je suis devenue une « femme politique ». Cinq ans, me direz-vous, c’est peu. Mais c’est surtout trop peu pour se décourager et jeter l’éponge. Je n’ai jamais cessé d’y croire. Croire en quoi ? La possibilité d’influer sur la vie des Français ? La capacité du politique à s’emparer de sujets d’envergure pour impulser des changements de fond ? Est-ce bien raisonnable d’y croire ?
Faire de la politique aujourd’hui est une gageure. J’ai un tempérament de boxeuse. Pour qui et pourquoi trouve-t-on l’énergie de faire des permanences, recueillir les doléances, s’engager dans des missions parlementaires interminables dont on ne sait parfois si elles seront suivies d’effets concrets.
Je viens d’une famille d’enseignants. Mon père était chercheur, ingénieur agronome, et ma mère, professeure agrégée de français dans le privé et dans le public. Je suis née à Lyon et j’ai vécu mes premières années à Clermont-Ferrand. Mes parents ont recueilli une enfant de la DDASS qui a fait partie de notre famille à partir de mes dix ans, peu avant notre déménagement à Lille. Mes parents l’ont aidée à se stabiliser, malgré ses fragilités. J’ai toujours su qu’elle avait subi des violences très graves. J’avais côtoyé l’enfance abîmée sans en avoir vraiment conscience. Lorsque l’affaire Bétharram surgit dans les médias, je ne pense pas à notre enfance. Pas encore. Je ne sais pas qu’en janvier 2025 ma vie est sur le point de basculer. La commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire sera instituée en mars, et les obstacles qui se présentent devant nous sont nombreux. Mais rien à faire. Je sens le besoin impérieux de me saisir de ce sujet que bon nombre de députés esquivent. Je suis prête. Je mets de côté l’étiquette politique de mon binôme, Paul Vannier, député insoumis : il est sincère dans son implication, je me fie à mon instinct. La protection de l’enfance me concerne, me touche et m’engage. La cause des victimes m’oblige. Je sais combien la violence sur un enfant laisse des traces indélébiles pour le reste de la vie. Ce que vous allez lire est un plaidoyer pour l’enfance. Pour que chacun de nous, hommes et femmes politiques, prenne ses responsabilités face à une faillite collective. Pour que la société entière prenne part à la culture du courage.

