CONTRIBUTIONS

Budget de la Ville et financement du programme Faire Respirer Lille

“Être Candidate à la Mairie de Lille, porter devant les lillois le programme en 170 mesures du Collectif Faire Respirer Lille implique une connaissance approfondie des finances de la ville, leur structure, leurs enjeux, les marges de manœuvre envisageables. Nous voulons être des élus rigoureux, sincères et porteurs d’un projet basé sur une véritable crédibilité financière. Nous vous présentons donc ici l’état des lieux des finances de la ville à la veille des élections municipales avant d’identifier les marges de manœuvre qui permettront de financer notre projet puis de détailler le chiffrage de nos principales propositions”.

Violette Spillebout et l’équipe Budget du collectif FAIRE RESPIRER LILLE

1. LES FINANCES DE LA VILLE de LILLE, QUEL ÉTAT DES LIEUX ?

Tous les chiffres présentés dans cette analyse sont officiels, issus du compte administratif 2018 de la Ville de Lille, ainsi que du site du Ministère des Finances, 2018 année de référence.

Des dépenses de fonctionnement trop élevées

Avec 333M€, (source compte administratif 2018), Lille atteint la 5e plus haute dépense de fonctionnement par habitant, alors que la tendance des 20 premières villes de France est à la baisse (strate : villes de plus de 100000 habitants, hors Paris)

Dans son rapport du 25 Juin 2018, la Chambre Régionale des Comptes déclare : « le niveau de dépenses de fonctionnement de Lille reste nettement supérieur aux collectivités de taille comparable (…) ». Nous dépensons 30 M€ de plus que les villes de même strate. Lille fait partie des villes de France (6e rang) qui dépensent le plus en frais de personnel (+21% par rapport à la moyenne de la strate).  Nous avons les mêmes frais de personnel qu’une ville de plus de 300 000 habitants. L’équipe sortante justifie ce niveau élevé par un recours important à la régie (travaux réalisés par des agents municipaux). En ce cas, comment expliquer la croissance continue des achats (travaux externalisés), qui représentent une dépense de 64M€, avec une augmentation de 46% depuis 2001 ?

Des dépenses d’investissement dégradées

Avec 55 M€ (source compte administratif 2018), le niveau de dépenses d’équipement réelles accuse une baisse considérable ( – 46% par rapport au niveau de 2013). En termes d’investissement,  LILLE n’atteint que le 15eme rang des 20 premières villes de France. La ville a complètement décéléré pour afficher des indicateurs financiers moins alarmants et sans travailler sur la maîtrise de ses dépenses de fonctionnement. 

Une dette multipliée par 2,4 entre 2007 et 2018

Avec une dette de 383 M€ (soit 1615€/habitant contre 1112€ pour la moyenne de la strate), Lille atteint la 4e position des villes de France où la dette est la plus élevée. A titre de comparaison, nous sommes endettés comme Lyon, qui comporte deux fois plus d’habitants que Lille. 

La gestion de la dette est à observer au regard de l’investissement : une collectivité peut tout à fait enregistrer un niveau de dette conséquent, à condition que les investissements soient au rendez-vous. L’enjeu est de bien utiliser cette dette, c’est-à-dire de développer des investissements en face. 

Investir, c’est faire fructifier la dette , c’est améliorer l’attractivité de la Ville, sa valeur foncière, attirer des recettes nouvelles…Le problème aujourd’hui est que ces 383 M€ de dette n’ont pas servi les Lillois et l’attractivité de Lille. Les ressources de la ville ne sont plus utilisées pour les Lillois, mais pour maintenir des indicateurs financiers à un niveau juste correct. 

A Retenir : 3 indicateurs, 3 marques d’une gestion financière discutable : des dépenses de fonctionnement trop élevées, un investissement quasi divisé par 2 en 5 ans, et une dette multipliée quant-à elle par 2,4 en 10 ans. 

Une fiscalité exponentielle : LILLE, capitale des impôts locaux 

Dans le programme qu’elle portait en 2014, Martine AUBRY assurait vouloir poursuivre sa « politique de modération fiscale » ; or huit mois après sa réélection, elle annonçait une hausse de 23%   du bloc communal de la Taxe sur le Foncier Bâti (23,56% à 29,06%). En référence, la moyenne des taux de la strate s’élève à 23,8% ; celle de la Métropole Européenne de Lille à 22,54%.

Sur la taxe d’habitation, en cours de suppression par le gouvernement d’Emmanuel MACRON (80% des ménages en ont bénéficié en 2019),  le taux 2019 de Lille atteint 33,55%, de loin le taux le plus élevé de toutes les villes de la strate. Cette pression fiscale fait de LILLE la ville la plus imposée des 30 premières villes de France. Elle a augmenté deux fois plus que dans ces autres villes. 

Beaucoup de Lillois l’ignorent , mais Lille présente la triste particularité d’être la grande ville française (strate des villes de plus de 100 000 habitants) qui exerce la pression fiscale la plus forte sur ses contribuables. Que la Maire sortante affirme le contraire avec aplomb, affirmant régulièrement en Conseil Municipal que notre ville serait « l’une des grandes villes avec les plus faibles impôts locaux » et sans aucune contradiction, reste un mystère. 

On peut mesurer l’indice de pression fiscale réelle pratiquée par la Ville, en additionnant les taux de taxe d’habitation + ½ des taux de taxe sur le Foncier Bâti (1/2 car la taxe foncière s’applique sur la MOITIÉ de la valeur locative cadastrale)+ ½ Taxe Ordures Ménagères. 

La maire sortante justifie systématiquement cette pression fiscale démesurée en expliquant que les bases locatives lilloises,  non-revalorisées depuis les années 1970, sont faibles, sous-entendant que le contribuable lillois pouvait donc être taxé plus fort. 

II est vrai que Lille a la valeur locative moyenne la plus faible des grandes villes. Dans son dernier rapport sur Lille, la Chambre Régionale des Comptes estime que la valeur locative de 10 000 logements doit être recalculée.  Cette situation est due à des logements globalement plus modestes du fait d’une pauvreté persistante à Lille, au nombre élevé de logements étudiants, à des travaux d’amélioration non déclarés (dans le Vieux-Lille par exemple, de nombreux logements ont une valeur locative très sous-évaluée) et à des fichiers fiscaux non actualisés. La Mairie doit donc effectivement accentuer ses efforts de partenariat avec les services fiscaux de l’Etat pour rétablir la justice fiscale. 

L’argument ne tient par contre  plus du tout pour tous les logements neufs (construits depuis les années 80) ou rénovés qui eux, sont taxés sur des bases normales. Ces propriétaires de logements neufs ou rénovés sont alors taxés sur les taux LES PLUS ÉLEVÉS DE FRANCE, ce qui pénalise notablement les familles de primo-accédants et fait fi de toute notion de justice sociale. Ceux qui ont acquis un logement neuf ont la désagréable surprise de recevoir, deux ans après leur entrée dans les lieux, une taxe foncière très élevée, alors qu’on leur avait vendu que Lille était une ville raisonnable fiscalement. 

Et que ceux qui, étant locataires, ne paient pas la taxe sur le Foncier Bâti et s’imaginent préservés, ne s’illusionnent pas : le propriétaire, qui met son bien en location, intègre bien évidemment le coût de cette taxe dans le calcul du loyer demandé ! Seuls certains HLM sont exonérés de la Taxe sur le Foncier Bâti. 

Quelles que soient soient les simulations et dans toutes les configurations, Lille est championne de la fiscalité « bloc communal » (Ville + MEL) de TOUTES les VILLES de PLUS DE 100 000 HABITANTS. À Lille, les contribuables (ceux qui paient l’impôt) sont taxés 47% de plus que la moyenne. Ainsi, le même appartement rénové ou neuf (construit à partir des années 1980), correctement basé, est taxé de 47% de plus que dans les autres villes de la strate (villes de plus de 100 000 habitants). L’application du système des abattements, modestes à Lille, aggrave encore les disparités. Non seulement les taux sont plus élevés à Lille, mais ils s’appliquent sur des bases moins réduites qu’ailleurs. 

Prenons 2 exemples, un appartement de 70 m2, occupé par une personne seule, sera taxé à Lille 300€ de plus qu’à Bordeaux ou à Reims. La maison d’un couple avec 3 enfants, subira quant à elle une taxation d’environ 700€ supplémentaires ! Nous tenons à votre disposition copie de tous les avis d’imposition comparatifs. 

Interrogée sur la question lors de la séance du Conseil Municipal du 19.12.2019, consacrée à l’étude du budget, la Maire sortante brandit une étude 2019 du Cabinet FSL (Information Financière Territoriale) , pour affirmer que Lille serait « l’une des grandes villes avec les plus faibles impôts locaux… ». Essayons d’y voir plus clair : On connaît pour chaque ville la valeur locative moyenne ; nous l’avons dit et expliqué plus haut, Lille a la valeur locative moyenne la plus faible des grandes villes. Or FSL base son étude de contribution à l’impôt dans chaque ville sur cette même valeur locative moyenne, non sur un appartement où une maison « types » qui seraient les mêmes dans toutes les villes de la strate.

De plus, nous l’avons vu, la majorité des logements, même à Lille, est correctement évaluée (notamment tous les logements construits depuis les années 80)…donc que la valeur locative moyenne soit basse, présente peu d’intérêt ou de sens pour tous les lillois qui ont une valeur locative normale et se voient donc appliquer les taux les plus élevés des grandes villes. FSL précise d’ailleurs bien que son  étude « porte sur un contribuable FICTIF, et n’a pas vocation à être représentative de tous les contribuables des villes analysées ». 

Seule la Maire sortante fait mine de ne pas comprendre cette réserve méthodologique pour travestir délibérément la réalité des chiffres : la grande majorité des contribuables lillois paient très cher le privilège d’habiter cette ville, qui est bel et bien la capitale française des impôts locaux. 


2. MARGES de MANŒUVRE BUDGÉTAIRES & FINANCEMENT de NOTRE PROJET  :

Par cette analyse des finances lilloises, nous souhaitions montrer aux lillois que nous avons pleinement conscience des enjeux économiques & budgétaires de notre Ville. 

Avant de développer les éléments liés au chiffrage de nos propositions, nous devrons dégager les marges de manœuvre budgétaires et financières nécessaires pour assumer le poids des mesures antérieurement décidées (MAD) par l’équipe sortante ainsi que le haut niveau d’investissement que nous ambitionnons, et sans détérioration des finances de la Ville. 

2.1 Mesures Antérieurement Décidées (MAD)

L’équipe sortante lèguera à ses successeurs le poids d’investissements votés mais non encore « engagés » budgétairement. D’après les données du budget primitif 2020, le montant des crédits ouverts atteint 187 M€, dont 65,3 M€ pour 2021. 

Il s’agit d’investissements décidés par l’équipe sortante mais dont le financement est lissé sur 3 ans. Ils concernent notamment des travaux d’équipement (36M€), le programme patrimoine (27M€), l’éclairage public (21M€), les groupes scolaires (14M€), l’habitat (13M€).

Cet « héritage » altère inévitablement nos propres marges de manœuvre du début de mandat. Nous investirons un total de 80 à 85 M€ par an (donc 30M€ supplémentaires par rapport à l’investissement 2018 de l’équipe sortante), amputés la première année des 65M€ antérieurement décidés. Les 15 à 20M€ disponibles seront bien évidemment consacrés au financement de nos premières mesures. 

Dès l’année suivante, nous serons de nouveau sur une tendance d’investissement annuel de 80 à 85M€. Une enveloppe de 35M€ incontournable sera réservée à l’entretien du patrimoine de la Ville  ; les 45 à 50 M€ restants seront dédiés au financement de nos propositions aux lillois. 

2.2 Le choix ambitieux d’un très haut niveau d’investissement : 180 M€ supplémentaires sur le mandat 

Nous mobiliserons 30 M€ supplémentaires par an en investissement , soit un total de 80 à 85 M€ par an (+ 25% par rapport au niveau d’investissement choisi par l’équipe sortante ces 3 dernières années). 

Ces 30M€ supplémentaires directement dédiés aux lillois seront équilibrés par les économies & gains suivants, sans altération des indicateurs financiers de la Ville. 

2.3 Marges de manœuvres budgétaires identifiées

👉 Renégociation avec la Métropole Européenne de Lille du périmètre voirie.

La Chambre Régionale des Comptes relève à juste titre que cette compétence, qui relève de la MEL, est « assumée en ses lieux et place par la Ville de Lille et pèse lourdement sur le budget municipal ». La Chambre précise « que la MEL a compétence en matière de voirie depuis son origine et que cette compétence emporte de plein droit celle de la propreté de la dite voirie ». 

En d’autres termes, selon l’analyse de la Chambre, les 12M€ par an, tous postes confondus, que la Ville de Lille prend à sa charge pour assurer l’entretien de la voie publique, sont des DÉPENSES MÉTROPOLITAINES, soit une fois le transfert de charges effectif, un gain minimal  de 72 M€ sur la durée du mandat.

Par ailleurs, la restauration de bonnes relations entre nos équipes et la Métropole Européenne de Lille permettra évidemment de parvenir à de meilleurs co-financements des projets lillois

La CRC relève d’ailleurs une participation trop élevée aux opérations d’aménagement par la Ville (compétence MEL), soulignant par là-même la piètre qualité des négociations menées à l’époque.

👉 Remise à plat et optimisation de notre politique d’achats. 

Le montant actuel des achats de la Ville se monte à 64M€ (soit une augmentation  sur 5 ans de 6%, alors que dans le même temps, les autres grandes villes de plus de 100 000 habitants parvenaient à une baisse de – 10%). Gain estimé, sur la base d’une baisse des coûts de 15% : 10 M€ sur 3 ans

👉 Sur les effectifs 

Réorganisation et recentrage des missions de la Mairie. AUCUNE SUPPRESSION de POSTES et SÉCURISATION des emplois précaires (cas d’agents précaires employés dans les cantines lilloises depuis 16 ans !)

Une meilleure gestion de la formation, de l’évolution et des conditions de travail des agents municipaux  permettra à la Ville de Lille d’offrir aux Lillois un service plus qualitatif. Par ailleurs, nous estimons les départs à la retraite à 60 par an. Ces postes seront remplacés, tout en évoluant vers d’autres compétences, notamment le renforcement des effectifs de la police municipale, et ce sans augmentation des frais de personnel;

👉 Cessions immobilières : un programme de gestion dynamique des actifs de la ville permettrait une ré-injection de 7 à 8M€ par an;

👉 Évolutions Immobilières et gains fiscaux : AUCUNE AUGMENTATION DE LA FISCALITÉ LOCALE 

< Accroissement des surfaces taxables (Siège de la Banque Caisse d’Epargne , réhabilitation des anciens locaux de la MEL et la Cité Administrative, Projet ST Sauveur…) et  rentrées fiscales sup de l’Etat sur la base de l’hypothèse de +2,4% annoncée au budget 2020 : gain estimé : 4M€ par an;

< Réévaluation des bases locatives de la Ville :

 On peut lire dans le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (page 27) : « Au-delà des corrections réalisées, la Ville estime disposer de données supplémentaires qui justifieraient une réévaluation de 5M€ de ses bases fiscales, susceptible de générer une augmentation de 1,5M€ de taxe foncière et de 1,7 M€ de taxe d’habitation. Cette démarche devrait se poursuivre ; les bases d’environ 10 000 locaux ne correspondraient pas à la réalité ». La Ville passe donc chaque année à côté de 3M€ de recettes fiscales. 

👉 Optimisation de la gestion de la dette : Gain estimé 400 000€ par an (hypothèse basse)

Le total des économies listées ci-dessus se monte à 30M€ par an, soit la somme supplémentaire que nous consacrerons à l’investissement.

2.4 Des marges de manœuvre amplifiées avec de nouvelles méthodes de travail : 

2.4.1 Ces marges de manœuvre seront démultipliées par une politique de concertation systématique de nos équipes avec les autres collectivités publiques. 

Essentiel ce rayonnement du Maire, de l’élu gestionnaire capable de tenir l’impôt en garantissant un investissement élevé, capable d’aller mobiliser des subventions et de chercher ses financements au plus haut niveau de l’Etat, mais également auprès de la Métropole Européenne de Lille, du Département du Nord, de la Région Hauts de France et des fonds européens.

L’attitude d’une Maire sortante en opposition frontale et constante aux gouvernements successifs, ainsi qu’à la MEL, rend évidemment plus difficile l’aboutissement de projets qui auraient été à même d’être co-financés.

Citons à titre d’exemple les dossiers de la remise en eau du Peuple Belge ou encore la rénovation de la Citadelle Vauban, éligibles à une mobilisation des fonds européens FEDER (1,4 Milliards € pour l’ensemble de la Région Hauts de France). 

 La fin de cet isolement économique permettra un allègement substantiel du reste  à charge de la ville et le dégagement de nouvelles marges de manœuvre. 

On peut ainsi lire dans le dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes du 25.06.2018 que « la répartition des compétences avec la MEL devrait donner lieu à plusieurs ajustements substantiels, en application de la réglementation en vigueur et des définitions prises ou à préciser, sur l’intérêt métropolitain. Ces évolutions sont susceptibles d’avoir un impact significatif sur le niveau des dépenses de la ville et sa trajectoire financière ».

Les transferts de compétences vers la MEL représentent une potentialité importante de réduction des dépenses de la ville. En 2011, cette dernière avait réalisé une étude sur les charges de centralité qu’elle estimait supporter. Dans  les domaines de la Culture et des loisirs, l’étude ciblait 11 structures, considérées comme « emblématiques des éléments de centralité d’utilisation métropolitaine » : L’Aeronef, le Zoo, le Musée d’Histoire Naturelle, la Halle de la glisse, le Conservatoire, l’Opéra, le Palais des Beaux Arts, le Théâtre du Nord, les 3 Maisons Folie (Wazemmes, Moulins & Lomme).

Les budgets de fonctionnement de ces 11 structures représentaient 37,6M€ en 2010, dont 19,7 assumés par la Ville, avec un apport de la MEL de 3,2M€. Sur des équipements tels que le Zoo, et plus récemment le Conservatoire, la Ville a mis en place une tarification différenciée entre résidents lillois et non-lillois. 

Plutôt que de généraliser ces tarifs différenciés (complexité, baisse de fréquentation et donc d’utilité), nous souhaitons renégocier avec la MEL les charges de centralité.La Chambre Régionale des Comptes précise d’ailleurs que  « le périmètre d’intervention de la Ville concernant les événements culturels et sportifs doit être clarifié par une définition de sa compétence par la Métropole ».

2.4.2 Mutualisation des moyens & des achats 

Nous mettrons évidemment en place une mutualisation des moyens & des achats avec les deux communes associées, Lomme et Hellemmes. Gain estimé 1,5M€. 

Nous souhaitons également aller plus loin sur les questions de la mutualisation en travaillant étroitement avec d’autres villes partenaires de la MEL. Partager et optimiser les coûts liés par  exemple aux uniformes, à la vidéo-protection ou à la restauration scolaire apportera une vraie valeur ajoutée et une réduction des coûts induits de 20 à 40%. 

Citons de nouveau la Chambre Régionale des Comptes, qui préconise pour Lille de « poursuivre la démarche d’intégration des administrations communales associées, afin de permettre une meilleure mise en commun des moyens… ». 

2.4.3 Lutte contre le gaspillage 

La lutte contre le gaspillage est une attitude du quotidien et de petits gestes. Mis bout à bout, ces gestes ont un impact réel tant sur le respect des ressources de la planète, que sur les économies réalisées. 

Actuellement, selon les propos même de l’Adjoint en charge de la restauration scolaire, 30 à 40% de la nourriture servie dans les cantines scolaires est jetée…soit 600 000 kg de denrées alimentaires !

Une meilleure gestion du papier, des matériels municipaux et de la flotte de véhicules sera également travaillée. 

👉 Gain estimé politique anti-gaspillage : 1M€ par an 


3. CHIFFRAGE DE NOS PROPOSITIONS 

L’objet n’est évidemment pas ici de chiffrer en détail chacune des 170 mesures du programme de Violette SPILLEBOUT et du Collectif Faire Respirer LILLE 🌿🌿🌿  mais de souligner toute la crédibilité de notre démarche. Nos grandes mesures ont été longuement pensées et réfléchies. Elles sont finançables et seront financées, selon des choix budgétaires assumés. 

Nous vous proposons donc ici une vision macro-économique de nos propositions, au regard du déroulement de l’ensemble du mandat. Nous nous engageons devant les lillois et cet engagement nous oblige. 

Rigueur, exigence, innovation, respect, concertation  seront toujours au cœur de notre action. 

Mesure n° 1 – Lille Verte, végétaliser la ville et créer une promenade piétonne de 5km 

  1. Voies Vélo Express Végétalisées 

Cette mesure représente un total de 30 km. On estime le nombre d’arbres à planter à 4000, sur 30 km et dans les deux sens. En choisissant des essences relativement jeunes et à développement rapide mais adapté au milieu urbain, on estime le coût de ce type de plantation à 1000€ par arbre soit un coût de 4M€, auxquels il conviendra d’ajouter le coût de leur plantation (à charge de la MEL).

On ajoute ensuite le coût du réseau cyclable sur 30 km (base 6m de largeur ) ainsi qu’une réfection des trottoirs. Sur la base d’un ratio de 100€/m2 pour 180 000 m2, on atteint un coût global estimé pistes cyclables/trottoirs de 18M€.  Ce coût sera évidemment variable en fonction des choix techniques retenus. 

👉 TOTAL COÛT pour 30 km AR de voiries végétalisées et refaites (trottoirs + pistes cyclables) : 22M€

  1. Zones piétonnes de 5km 

Cette mesure ne mobilisera pas d’investissement initial important (enlèvement des plots ; il sera possible dans les années à venir de réaménager, mais ce n’est pas une condition nécessaire à la piétonnisation), à part des travaux de trottoirs, marquage au sol, fléchage, dont une grande partie selon des budgets métropolitains.

  1. Forêts et Bioparcs 

Sur la base de 3000 arbres, le coût de plantation d’une forêt atteint 3M€ par forêt. Aujourd’hui, la ville plante déjà 2000 arbres par an. Il ne s’agira donc pas d’une dépense « sèche » mais d’une augmentation sur ce poste.

Coût estimé d’aménagement des bioparcs : 1M€ par Bioparc, soit un coût global de 3M€ pour les 3 nouveaux Bioparcs.

Par ailleurs, n’oublions pas que les espaces verts et les arbres ont certes un coût, mais une étude canadienne récente a récemment démontré que chaque arbre « rapportait » 8 €/an à la Collectivité, en termes de qualité de l’air, de captation des eaux de pluie, d’éco-énergie,de séquestration de CO2, de santé publique et d’augmentation de la valeur immobilière des logements.


Mesure n°2 : les 50 Cœurs de Nature 

Il s’agit de 50 îlots végétalisés à travers toute la Ville, de la petite placette au vaste espace de la Place du Maréchal Leclerc .Les coûts de réaménagement seront en partie supportés par la MEL (aménagement, voirie et mobilier urbain) alors que la Ville supportera les coûts liés à l’entretien et aux espaces verts proprement dits. 

👉 TOTAL Coût estimé pour la Ville : 15M€


 Mesure n°3 – La Cité des Arts & du Design

Ce projet s’articule autour du Musée, du Palais de Justice rénové (désamiantage & transformation en hôtel). Détruit ou pas, l’ancien Tribunal devra être désamianté (ou vendu en l’état, selon accord avec les repreneurs). Il appartient aujourd’hui au Département du Nord et son déménagement est prévu pour 2023. Les premiers financements n’interviendront donc qu’à partir de 2024-2025. 

Le projet est financièrement équilibré avec les 15 étages repris par un acteur privé. Idéalement au cœur du Vieux-Lille, l’idée est d’y installer un hôtel qui prendra en charge la rénovation du bâtiment. Par son attractivité touristique, cette opération sera à terme bénéficiaire pour la Ville. Les travaux restant à charge de la ville seront dédiés à la rénovation de la partie musée, au rez-de-chaussée.

👉 La part de la ville est estimée à 10 M€ sur 15M€ du total projet (le fonctionnement sera confié à un opérateur privé en délégation de service public).


Mesure n°4 – Mise en Eau du Peuple belge 

 👉 Coût Estimé : 5M€ sur le modèle d’un miroir d’eau, sur l’exemple de Bordeaux, pour la partie allant du Pont Neuf à la place Louise de Bettignies, alternant espaces verts, espaces d’eau, esplanades, avec bancs, toilettes publiques et terrasses. Cette option permet de maintenir l’accès au parking souterrain.

Pour une remise en eau complète de SAint André / La Madeleine jusqu’au Pont Neuf, projet déjà largement chiffré et travaillé par plusieurs architectes Lillois et par Renaissance du Lille Ancien, le coût de l’opération se limiterait à  50M€ car les berges sont encore existantes et il s’agit d’enlever la terre et les boues qui ont comblé l’ancien canal. Des fonds européens peuvent être largement mobilisés pour financer cette remise en eau.


Mesure n°5 – La Police Municipale

L’effectif cible est de 120 policiers municipaux. 

Le nombre actuel de départs à la retraite est de 60 agents par an. On estime donc que sur deux années, le doublement des effectifs « police municipale » sera financièrement compensé, sans hausse de coûts de personnel. 

Nous ne procéderons à AUCUNE RÉDUCTION d’EFFECTIFS. Les départs à la retraite seront remplacés à effectifs équivalents, en suivant la réorganisation et le recentrage qualitatif des missions de la Mairie. 

Par ailleurs, on estime le coût d’un agent à 50000€/an (auxquels il faut ajouter le coût du centre de supervision urbaine, les astreintes, matériels et véhicules). 

120 policiers municipaux supplémentaires représentent 3% du total des 4200 agents municipaux. 

Cette proportion, tout à fait raisonnable au regard du caractère indispensable de leur présence auprès des lillois) sera largement absorbable sur le mandat, car compensée par une politique intensive de MUTUALISATION des coûts avec les communes partenaires (sur les équipements, les uniformes, la vidéo-surveillance…).

👉 Gain estimé lié à la mutualisation : -20 à – 40%

Il faudra également prévoir les coûts liés au BÂTIMENT affecté à la Police Municipale. 

Sur la base d’un bâtiment de 4000m2 et d’un ratio de 15m2 par agent (dont salles de réunion, garages, douches, salle de sport…), nous travaillons sur un coût estimé à 1700€par m2. 

👉 Coût global Nouvel Hôtel de Police Municipal, dont honoraires : 8 M€ 

👉 Coût du Centre de Supervision Urbaine, intégré à ce Commissariat . 

Le fonctionnement d’un CSV repose sur la présence de 5 policiers 24/24h en 3×8, soit un effectif total de 15 policiers municipaux, pour un coût total de 750 000 € par an.

Le parc de 500 caméras dédié à la vidéo-protection est estimé à 10 M€ avec branchements et câblages, moins cher si les évolutions technologiques liés à la 5G permettent de se passer de câblage.

Une partie du coût global de ce projet pourra être prise en charge par la MEL et les communes associées, et bénéficiera du soutien de fonds d’Etat dédiés à la sécurité . La sécurité est une coproduction de tous les acteurs du Territoire, de la Ville à l’Etat, sensible aux particularités de la sécurité à Lille. Les bonnes relations de notre équipe avec le gouvernement seront un atout indéniable. 


Mesure n°6 – Les Parkings Silos 

3 parkings silos démontables de 1000 places, outils au service de notre projet de pietonnisation de la Ville. L’idée est que les utilisateurs puissent y laisser très facilement leur véhicule, en toute sécurité et à moindre coût, avant de rejoindre ensuite le centre-ville. 

La ville de Strasbourg vient de lancer un marché pour l’installation d’un de ces parkings/600 places. Nous avons échangé avec eux sur ces sujets.

 Le coût d’une place dans le cadre d’un parking silo démontable simple est estimé à 5000€ / place. 

 👉 15 M€ pour les 3 parkings lillois 


Mesure n°7 – La Cantine gratuite pour tous les petits lillois (dépense de fonctionnement )

Cette mesure concernera tous les petits lillois scolarisés dans les 103 groupes scolaires publics de Lille, Hellemmes et Lomme et sera doublée d’un plan qualité zéro déchet :

< Lutte contre la malnutrition et l’obésité 

<Développement fort de l’alimentation bio, locale et fraîche

<Installation d’une légumerie en cantine centrale

<Priorité à la gestion zéro déchet 

👉 Coût estimé : 3 à 4M€/an (pour toutes les écoles élémentaires/6 M€ si les écoles maternelles sont intégrées au projet). 


Mesure n°8 – Les Micro-déchèteries

Le coût d’une micro-déchèterie est de 120 000€ soit 960 000€ si nous en créons 8 (partage de coût avec la MEL soit une part ville estimée à 600 000 €.

Pour limiter les coûts, nous rechercherons également des partenariats auprès des acteurs publics tels que l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les grandes entreprises privées pourraient également participer sous forme de mécénat. Le message est de faire appel à l’innovation et aux circuits courts.


Mesure n°9 – Les toilettes publiques

Aujourd’hui, il n’existe que 12 toilettes publiques à Lille contre 150 à Lyon par exemple. Le coût unitaire de toilettes publiques est de 22 500€, soit 337 500€ si nous en ajoutons 15.

Nous réfléchissons en parallèle sur un partenariat cœur de ville s’appuyant sur des bars et restaurants en délégation de service public : coût 1000€/an

Le modèle de la société néerlandaise « Tootheloo » est intéressant également : cette société possède une concession de toilettes publiques dans des gares TGV et certains musées français. Le ticket toilettes est vendu 1€ à l’usager, qui récupère dessus un bon d’achat de 0,70€ à dépenser dans les commerces de la gare ou des musées. Ces toilettes sont entretenues en permanence par un agent de propreté (création d’emploi d’insertion).

En Conclusion

Ce travail, s’il n’est pas exhaustif, a le mérite de livrer une vision précise des finances lilloises et du financement du projet proposé aux Lillois par le collectif « Faire Respirer LILLE ».🌿🌿🌿

Comme notre programme, cette étude est le fruit d’un collectif engagé et totalement bénévole. Chacun a su mobiliser et partager ses compétences, au service des Lilloises et des Lillois.

Nous tenons enfin à souligner qu’à l’heure où ces lignes sont imprimées, nous sommes les seuls candidats à s’être livrés à un tel exercice.

Nous vous souhaitons une agréable lecture et restons bien entendu à votre disposition pour toute question relative à ce sujet. 

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