PRESSE

L’énigmatique couple Spillebout

L’ex-directrice du cabinet de Martine Aubry brigue l’investiture LREM aux élections municipales de 2020, alors que son mari est en conflit avec la maire.

Le Point 24 avril 2019

«On parle tout le temps d’elle, alors que c’est moi qui vais être investie », glapit la députée macroniste Valérie Petit. C’est surprenant, mais les deux candidates déclarées à l’investiture LREM pour les municipales à Lille, Valérie Petit (enseignante-chercheuse, 42 ans) et Violette Spillebout (directrice nationale chargée des situations sensibles à la SNCF, 47 ans) ne se connaissent pas. « Je ne l’ai jamais croisée, ni à La République en marche ni ailleurs », enfonce Valérie Petit, manière de glisser que sa rivale ne bénéficierait pas vraiment de l’aval du parti. 

Elégamment installée dans un café de Lille Europe, Violette Spillebout se raconte sobrement. Longs cheveux roux clair, yeux myosotis, la candidate a de quoi fasciner. On l’imagine partant, couteau entre les dents, dans une campagne vengeresse contre Martine Aubry ? Pas du tout : la voilà qui joue la carte de la bienveillance à l’égard de son ancienne patronne, qu’elle a côtoyée des années durant en tant que cheffe (2001-2005) puis directrice (2008-2013) du cabinet. 

« Compromis ». « Il y a eu une forte complicité professionnelle à un moment donné, une proximité », résume-t-elle, mesurée. Violette Spillebout décrit une « relation de franchise », des « débats » et des « divergences » sur la question des rythmes scolaires ou la relation aux commerçants. En septembre 2013, après dix-sept années à ses côtés, la collaboratrice de Martine Aubry a repris sa liberté et foncé dans le privé. Sans clash avec l’édile de Lille, jure-t-elle : « J’aime la négociation, mais pas l’agressivité ni les clivages. Je suis plutôt dans le compromis, et Martine Aubry le sait. » 

Les deux femmes ne se sont pourtant pas adressé la parole depuis deux ans. L’ancienne première secrétaire du Parti socialiste refuse désormais tout commentaire public sur son ancienne protégée. « Violette a toujours pris les coups à la place de Martine Aubry », juge le sénateur Marc-Philippe Daubresse. Le candidat LR à la mairie de Lille ne tournerait pas le dos à un large front commun au second tour des municipales contre la maire sortante : « Côté programme, il y a 80 % des sujets sur lesquels nous ne sommes pas en désaccord. »

Le Point 25/04/2019