PRESSE

Sa majorité sous pression, Martine Aubry face à elle-même

Violette accélère, Valérie prend la tangente
Dans le duel qui l’oppose à Valérie Petit pour la précieuse investiture En Marche, l’ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry a une longueur d’avance. Les médias nationaux s’intéressent à celle qui connait les méandres et les petits secrets de son ancienne patronne. Le réseau des soutiens et des compagnons de route grossit de mois en mois et enrôle au-delà des classiques cercles politiques (parmi ceux-ci, citons le conseiller municipal d’opposition Bernard Charles, ancien socialiste rallié à en Marche). 

Le dernier verrou s’appelle Gérald Darmanin. Le ministre de l’action des des comptes publics, officiellement toujours partisan de Valérie Petit, est craint sur le théâtre de la métropole. Le Yalta passé avec Martine Aubry en septembre dernier a certes impressionné les collègues et maires de la métropole européenne de Lille qui ont compris la manoeuvre de coalition.
Une MEL que le Rastignac a fixé sur son agenda avec l’aval de son précepteur Xavier Bertrand, arc-bouté sur sa ligne de crête de 2022 et qui ne voit aucun inconvénient à une Martine Aubry maire de Lille si accueillante pour son grand institut de la photographie. La désignation de Violette Spillebout, qui multiplie les opérations sur le terrain, annihilerait leurs projections et les contraindraient à composer avec un nouveau rapport de forces. Voilà pourquoi, à droite, il faut sauver le soldat Aubry et donner des gages.
Le dossier divise les grands élus locaux de LaREM, certains pro-Spillebout, surtout sur le périmètre métropolitain, d’autres pro-Petit. Cette dernière s’active avec une vingtaine de ses collègues députés et candidats aux municipales qui trouvent le parti un peu mou du genou. Objectif : faire pression sur le parti pour obtenir la désignation.” Si elle fait çà, c’est qu’elle sait qu’elle n’aura pas l’investiture“, commente-t-on à LAREM dont le comité Nord a dû rappeler à l’ordre la députée qui avait un peu trop sollicité la réalité en se parant des atours du parti. On devrait en savoir plus juste après les élections européennes. ” Ou encore après…”, répond, énigmatique, Gérald Darmanin quand on l’interroge sur le sujet. 

A Lille, l’été risque d’être chaud à La République en Marche.

DailyNord 10 mai 2019

DailyNord 10/05/2019