COMMUNIQUÉS

A une semaine du desserrement du confinement, questions et propositions de notre groupe pour réussir le 11 mai avec les Lillois(e)s


Groupe des Conseillers Municipaux  Faire Respirer Lille          

Lille, le 4 mai 2020,

A l’attention de Mme Martine Aubry, Maire de Lille

Objet : A une semaine du desserrement du confinement, questions et propositions de notre groupe pour réussir le 11 mai avec les Lillois(e)s

Madame le Maire,

Alors que, dans une semaine, démarre la remise en route progressive de notre pays, dans une situation sanitaire encore tendue, les défis sont importants pour notre ville et pour nos concitoyens. Le Gouvernement a construit un cadre général pour réussir le déconfinement, à adapter aux réalités locales avec les élus locaux et les acteurs de terrain : chacun est appelé à s’investir.

Paris le 28 avril, Toulouse le 29, Nantes le 30, Bordeaux le 4 mai, Caen et Compiègne le 7 mai… Les villes françaises ont presque toutes réuni leur conseil municipal avant le 11 mai, afin d’organiser le débat démocratique et les conditions de l’unité, de mettre les scénarios sur la table, de collecter toutes les bonnes idées, d’évaluer en transparence les options, de tout faire pour protéger les Lillois ; c’est la raison d’être d’un conseil municipal, qui est élu pour cela. Aussi, nous réitérons notre demande d’un conseil municipal au plus vite, garantie du débat démocratique, sans attendre la date annoncée du 12 juin.

Depuis plusieurs semaines, nous avons cherché, dans notre rôle de groupe municipal d’élus, à être constructifs. Nous regrettons que vous n’ayez pas estimé utile d’organiser le dialogue au travers d’une gouvernance plus collective et plus attentive aux avis de chacun : nous aurions pu définir ensemble un schéma local du déconfinement partagé et co-construit avec nos instances de démocratie participative. 

Cela étant dit, nous restons force de proposition, notre groupe a fourni une liste d’actions à mettre en place mi-avril, et ce courrier en contient de nouvelles. Malgré des  réponses à l’oral sur quelques points, vous n’avez cependant pas répondu sur ce qui est prévu par votre majorité sur les thématiques centrales du déconfinement : 

  • Où en est le plan de circulation qui devra permettre le maintien des mesures barrières et rassurer nos concitoyens dans leurs déplacements ? 
  • Où en sommes-nous dans les écoles, où les interrogations des parents sont nombreuses et dans lesquelles vous entretenez le doute sur votre volonté de rouvrir ?
  • Qu’en est-il d’un plan massif de sauvetage des commerces face à la diversité des unités commerciales, et donc des problématiques qu’elles rencontrent ?    
  • Qu’en est-il des moyens que peut déployer la ville pour aider financièrement les associations qui ont fait jusqu’ici un travail exceptionnel, et globalement tous les acteurs en danger afin de les aider à faire face et à identifier des perspectives ? 

Ces questions ne sont que la partie émergée des nombreux aspects du déconfinement que nous aurions pu préparer ensemble. La méthodologie des quelques groupes de travail entre élus que vous avez organisés n’a pas permis de rassurer les Lillois sur l’efficacité de la préparation du 11 mai. 

Nous y participerons néanmoins pour peu qu’ils continuent à se tenir. Mais d’ores et déjà, nous souhaitons vivement que soit trouvé un rythme de travail et de consultation plus soutenu, pour que nous puissions enfin répondre, de façon plus active, responsable et efficace, aux défis qui sont devant nous. 

Comme vous avez su dire que notre travail précédent a été utile, nous demandons que ces nouvelles propositions, calquées sur les thématiques des groupes de travail des élus, soient étudiées sans attendre et trouvent des réponses dans les actes de la municipalité.

Concernant l’été 2020 

Nous n’avons pas été associés à la première réunion de ce groupe de travail pour les raisons que vous connaissez et qui sont regrettables. Ce léger retard pris n’a été que partiellement rattrapé par la réception et la consultation du compte-rendu. Même si des efforts ont été faits sur la bonne compréhension de l’offre et la communication collective des acteurs engagés, nous sommes en revanche dubitatifs quant à un appel à projets “Eté 2020”, qui surchargerait administrativement la prise de décision pour une organisation urgente et opérationnelle de la programmation débutant dans moins de deux mois.

Il nous semble par ailleurs que les personnes porteuses de handicap (adulte et enfants) hors établissements spécialisés constituent un public oublié par le  plan proposé dans ces documents. Il nous semble pourtant primordial de pleinement les y intégrer, rappelant leur grande fragilité durant ce confinement.

Plusieurs priorités nous semblent par ailleurs essentielles durant cet été :

  • Le “raccrochage” scolaire consécutif à l’éloignement de l’école durant le confinement
  • Un accès à des apprentissages utiles à tous, alors que nos modes de vie vont être chamboulés à la sortie du confinement. 

Nous proposons donc un programme estival de réussite éducative basé sur le concept de “vacances apprenantes”, la ville pouvant porter ce projet et impulser cette dynamique. Elle permettra aux enfants ayant rencontré d’importantes difficultés pendant le confinement de disposer d’une offre ludique et pédagogique de remise en confiance et de repérage des connaissances fondamentales à reprendre. Ces moments pourraient être co-animés par des structures associatives, culturelles et sportives lilloises, leur action étant ici finançable par les non-dépenses liées aux événements non survenus en 2020 (Lille 3000, la braderie de Lille ? etc.). Il serait ainsi possible d’allier l’accompagnement de ces enfants et celui des structures aujourd’hui en difficulté.

Nous proposons également qu’un grand plan d’apprentissage du vélo soit déployé durant cet été 2020, afin que dès le plus jeune âge, chaque Lillois puisse, en sécurité, appréhender la pratique du vélo en ville. 

Enfin, l’occasion est unique de permettre à chacun de (mieux) connaître sa ville, voire de la découvrir sous un autre angle : le “tourisme en ville” et la connaissance du patrimoine lillois doivent être le fil conducteur de notre politique culturelle estivale, alors que les déplacements locaux vont être favorisés durant cette période.

Accueillir et vivre la ville, c’est savoir aussi permettre à chaque quartier d’être au rendez-vous des “basiques” pour favoriser la respiration de la ville, avec la propreté en ville (c’est notamment le moment d’accélérer sur les fontaines et les w.c. en ville, qui sont en nombre insuffisant) et avec les loisirs de proximité (il faut rénover les tables de ping-pong dans les quartiers, les panneaux de baskets, les petits équipements sportifs, en accompagnant chaque lieu d’animations et d’une médiation utile). Rappelons que l’annulation de “Lille Plage”, notamment,  libère des ressources et du personnel. Le surcoût de ces nouvelles orientations pourra donc être partiellement intégré dans l’effort budgétaire dû à la crise sanitaire et sociale traversée.

Concernant les écoles 

Dans notre courrier du 14 avril dernier nous proposions de mobiliser, pour les enfants les plus fragiles scolairement, le savoir-faire du Dispositif de Réussite Educative. Nous constatons avec intérêt que cette proposition s’est depuis concrétisée.

Vous avez effectué plusieurs déclarations sur la réouverture des écoles à compter du 11 mai :

  • Le 17 avril, vous disiez : “ Je ne vois pas comment on peut rouvrir les écoles le 11 mai” ; “On ne sait pas faire dans les conditions actuelles” ; “On fera tout pour appliquer ce qu’on nous demande si on peut le faire”
  • Le 22 avril, vous indiquiez : “Je ne vois pas comment tout le monde peut rentrer, nos locaux le permettent sur trois niveaux, donc nous le ferons. Mais c’est tout ce que nous pourrons faire” ; “Le Gouvernement doit donner des directives générales et faire confiance au niveau local” 
  • Le 28 avril , vous précisiez : “À Lille, où le nombre d’élèves augmente chaque année, nos classes sont pleines” ; “ Je ferai tout pour appliquer la date annoncée par le Président de la République” ; “Mais une fois que nous aurons accueilli les enfants des classes charnières, grande section de maternelle,  CP et CM2, il n’y aura plus de place” et vous indiquiez “vous opposer au principe de retour en classe sur la base du volontariat”. 
  • Et le 29 avril par mail vous interrogiez les parents sans leur donner plus d’information “Si, parce que les règles sanitaires sont totalement garanties, nous décidons d’ouvrir certaines classes, dont les niveaux seront choisis par l’Education Nationale, avez-vous l’intention d’envoyer votre/vos enfants à l’école” avec si possible réponse avant le 30 avril à 18h”.

Il nous apparaît nécessaire  dans cette période d’être extrêmement exigeant sur les conditions sanitaires de la réouverture des écoles, d’être transparent, de consulter tous ceux qui ont une expertise d’usage de chacune des écoles, sans pour autant cultiver et susciter le doute, l’inquiétude, l’absence de confiance, voire de « désinciter » à l’envoi des élèves, puisque la réponse des parents devait être fournie avant que la déclinaison concrète du protocole sanitaire école par école soit portée à connaissance des parents ou au moins des conseils d’école.

Si l’inquiétude des parents et des personnels est légitime, la ville se doit de tout mettre en oeuvre pour que la réouverture soit un succès sanitaire, éducatif et social.

Dans cet état d’esprit, nous vous faisons part des propositions suivantes :

  • Réunir en visioconférence chaque conseil d’école sur la base d’un document de travail d’adaptation crédible du protocole sanitaire à l’école concernée, avant le 11 mai. L’expertise d’usage des équipes professionnelles et des parents composant cette instance doit être pleinement mobilisée dans un moment aussi important.  À ce sujet, la FCPE dans son communiqué du 15 avril dernier indiquait qu’il ne fallait pas “oublier la consultation de chaque établissement, avec les représentants locaux des parents”. Même chose dans le communiqué des DDEN du Nord du 22 avril.
  • L’application du protocole sanitaire va exiger de chacun des professionnels des écoles une attention de tous les instants. Il serait utile que la ville puisse, dans des conditions à fixer avec les services de l’Éducation Nationale, examiner comment des professeurs et directeurs retraités, des élèves professeurs, des services civiques, voire des bénévoles pourraient être mobilisés pour venir dans cette phase cruciale en appui des professionnels permanents.  
  • Mobiliser les agents de la police municipale, les référents de site et les agents de liaison scolaire afin que les temps précédant l’entrée et suivant la sortie de l’école ne soient pas propices au non-respect des gestes barrières.
  • Prendre systématiquement la température, sans contact, des personnels et des enfants avant l’entrée dans l’établissement afin de prendre les dispositions visant à ce que ceux ayant une                                                                                température supérieure à 37.8  puissent être orientés vers un médecin et ainsi ne pas être une source potentielle de contamination du COVID-19. Il s’agit ici d’un acte de prévention individuel et collectif. Bien entendu aucun enregistrement  des températures ne serait effectué.            
  • Fixer des objectifs prioritaires d’accueil des enfants, si la déclinaison du protocole sanitaire ne permettait pas le retour de tous : enfants en difficulté scolaire ou dont les conditions d’habitat ne permettent pas une pratique utile de l’école à distance, enfants des professionnels de 1re ligne, des familles où aucun des deux parents ne peut travailler en télétravail, familles monoparentales, etc.
  • Assurer chaque semaine la publication d’un tableau de bord : taux de présence, nombre d’enfants ayant dû quitter l’école, nombre d’enfants susceptibles d’être porteurs du COVID-19 (indicateurs à confirmer). Il s’agit ici de donner à voir à chacun des éléments objectifs permettant de développer une sérénité partagée dans l’approche d’une question aussi sensible. Bien entendu, la publication doit assurer la parfaite anonymisation des données.
  • S’assurer que chaque enfant ne pouvant reprendre l’école en présentiel pour des raisons tenant à sa situation ou son état de santé dispose des meilleures conditions matérielles et d’accompagnement pour que les semaines nous  séparant  des vacances scolaires d’été ne provoquent pas une rupture difficile à rattraper.
  • Développer la pratique des écoles ouvertes et/ou des étés en plein air comme développés dans nos propositions pour l’été. 
  • Elargir la commission extraordinaire Education aux acteurs de la co-éducation (associations, parents) et assurer un suivi régulier (toutes les 2 semaines) permettant de partager les constats, de confronter les approches et propositions et de préparer dans les meilleures conditions la rentrée de septembre.
  • Réunir à nouveau les conseils d’école fin juin afin de partager les enseignements tirés de la réouverture et de préciser  les éventuelles  marges de progrès pour une rentrée réussie en septembre dans chacune des écoles.

Nous nous réjouissons que la Commission extraordinaire éducation se tienne demain soir et y participerons bien entendu dans un esprit constructif.

Concernant les commerces

Nous avons suivi avec attention vos annonces publiques, qui vont dans le bon sens et soulignent la volonté municipale de soutenir les petits commerces. Cependant, nos contacts quotidiens nous montrent que la situation nécessite un plan d’action ambitieux et partagé, à la mesure des difficultés majeures à attendre dans les 6 prochains mois. La Mairie doit être à la hauteur d’une catastrophe sans précédent, qui là aussi va frapper les plus faibles.

  • Les chambres de métiers estiment à 30% les petits commerces et artisans qui dans les 6 mois à venir fermeraient, nous proposons que d’urgence la Mairie réunisse un Groupe d’action avec la Chambre de Métiers, l’UMIH, la FLC, La Ficomel, la CCILM
  • Il faut convoquer rapidement des Assises Métropolitaines de l’Économie pour bâtir un véritable plan de relance, concret, financé et cadencé à l’échelle de l’économie métropolitaine.
  • Nous proposons la création d’un label MADE IN LILLE, qui en s’appuyant sur Euralimentaire, Hello Lille, la Chambre des Métiers et d’Agriculture “boostera” le recours aux achats locaux par les particuliers comme les restaurateurs, et stimulera financièrement la production et la consommation locales.
  • Nous proposons d’aider les commerces à la digitalisation, pour généraliser les livraisons et à se former aux outils numériques, en mobilisant les compétences de la French Tech à Lille en collaboration avec les associations de commerçants.
  • Nous attendons confirmation de l’exonération des droits de terrasse et taxes marchés, cet été, sujet sur lequel un certain flou subsiste. 
  • La création d’un fonds de sauvetage avec des aides municipales (et non des prêts) doit permettre de sauver le tissu commercial le plus en précarité. 
  • Une cartographie des commerces qui ouvriront le 11 mai doit être mise en place pour éviter les déplacements inutiles afin de permettre aux Lillois et aux métropolitains de préparer leurs déplacements (avec un onglet d’information sur le site de la ville) et avoir une logique de quartiers pour s’assurer que les poumons économiques des quartiers soient prioritairement disponibles. 
  • Enfin le “Manger local” pourrait être mieux valorisé par des “points éphémères” pour l’achat en circuits courts, notamment dans les quartiers disposant de peu de commerces de proximité.

Concernant les transports

Là aussi, nous avons pris connaissance de vos déclarations, en lien avec la MEL, et nous réjouissons que le travail avance. Voici donc notre contribution aux réflexions engagées, avec un panel de mesures nécessaires au respect des mesures barrières et à la sécurité et la tranquillité des déplacements, en addition aux voies vélo qu’il faut démultiplier dès que possible  :

  • Elargir les trottoirs en créant des surlargeurs piétonnes ou des cheminements dissociés. (suppression sur chaussée d’une voie automobile comme le souhaite la métropole lyonnaise) 
  • Supprimer temporairement des places de stationnement devant certains commerces 
  • Piétonniser un ensemble de rues/secteurs de la ville notamment des rues commerçantes, principalement en fin de semaine. Cela doit se faire en lien direct avec les commerçants. 
  • Quand la piétonnisation n’est pas possible, créer des zones de rencontres à 20km/h sur un ensemble de rues/secteurs permettant la priorité aux piétons et aux vélos (comme dans le centre de Bruxelles et à Vienne) 
  • Communiquer largement sur les droits des piétons dans ces zones
  • Utiliser le design urbain (pots de fleurs, plots amovibles, plots en béton, barrières métalliques…) pour créer des aménagements évolutifs (rues aux enfants devant les écoles, devant les commerces, plus largement les lieux recevant du public) : rappelons que Lille est capitale du Design en 2020 : mettons le design au service du déconfinement.
  • Pour développer l’usage du vélo ; demander immédiatement au préfet de rouvrir les magasins de vente et réparation de vélo, comme vient de le faire Anne Hidalgo ou comme le fait le Québec depuis début avril 
  • Bon de révision gratuite vélo pour chaque Lillois qui en fait la demande, sous condition de ressource, complémentaire aux 50 euros de l’Etat, pour permettre aux Lilloises et Lillois de faire réparer / entretenir leur vélo d’ici au 11 mai dans les magasins et associations. 
  • D’autres ont besoin de s’équiper ; c’est l’occasion de relancer les aides à l’achat en partenariat avec la MEL, et d’organiser le don ou le prêt entre particuliers.

Là aussi, nous pensons qu’il faudra être très attentifs à la consultation rapide et efficace avec les Lillois sur ce plan de circulation “ sortie de confinement”, car l’échec de la communication municipale en 2016 a laissé des traces ; la confiance doit être retrouvée sur ces questions avec nos habitants.

La situation sanitaire reste fragile. La seconde vague redoutée peut encore faire de nombreuses victimes et de nouveaux dégâts sociaux. Forts de l’expérience vécue, nous demandons que la rentrée scolaire de septembre 2020 fasse l’objet d’un plan de préparation particulier dès maintenant, afin de prévenir toutes les difficultés qui pourraient être rencontrées en cas de recrudescence de la maladie. Nous vous invitons également, dès que possible, à consulter habitants et acteurs économiques sur la manière dont nous pourrions bâtir une Braderie évidemment très réduite et complètement remaniée, ou alors, à être claire sur votre volonté de l’annuler purement et simplement, sans attendre.  

Pour tout ce travail, actuel et futur, dont nous mesurons l’importance et la complexité, nous souhaitons remercier les élus impliqués, et féliciter les services municipaux. Nous avons été rassurés d’apprendre en fin de semaine dernière la tenue d’un CHSCT le 7 mai, et de parcourir le dossier préparatoire, qui est d’une grande qualité. Cela montre combien le travail des agents municipaux doit être reconnu et valorisé, et combien la transparence et la communication municipale doivent permettre aux Lillois de connaître et d’adhérer au plan qui y est détaillé.

Tirer les enseignements de la crise, c’est aussi prendre, dès le prochain conseil municipal, des engagements d’avenir : nous devons construire le futur de notre ville, où l’initiative et l’inventivité de chacun ont toute leur place. Notre conseil municipal ne doit pas être une simple contrainte administrative, ni un bureau d’enregistrement, mais bien le lieu où bat le coeur de la démocratie lilloise, où sont présentées et débattues toutes les solutions pour les Lilloises et les Lillois.

Veuillez recevoir Madame le Maire, l’expression de nos sentiments distingués

Les élus du groupe Faire Respirer Lille 

  • Bernard Charles
  • Thibault Denis Du Péage
  • François Kinget
  • Frédéric Marchand
  • Gilles Pargneaux

About Webmaster