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Pourquoi j’ai accepté de débattre aux universités d’été de LFI

Les Français attendent de nous du courage et de l’unité sur l’essentiel, pas des postures partisanes. 

J’entends depuis quelques semaines une petite musique sur ma participation à l’université d’été de LFI à Valence le 23 août. Parfois même on sous-entend une recherche de soutien pour l’élection municipale à Lille l’an prochain. Sérieusement ? Qui peut croire un instant qu’un LFI puisse voter pour moi… Les vieux réflexes politiciens semblent toujours d’actualité, tout ne peut être que calcul intéressé. Au risque de vous décevoir je m’inscris en faux vis-à-vis de cette approche.

Tout d’abord, les universités d’été des formations politiques, la fête de l’huma, les journées des Verts ou du PS, les campus Renaissance,… ne sont pas des congrès politiques internes, statutaires, mais avant tout des moments d’échanges politiques le plus souvent thématisés.

Participer à un débat est le propre de mon éthique politique. Cela vaut-il soutien à la formation politique organisatrice ? La réponse est évidemment non. Lorsque Xavier Bertrand ou Valérie Pecresse, ont été à la fête de l’Huma, était-ce pour soutenir le PCF ? lorsque Marlène Schiappa ou Rachida Dati ont été aux Amfis, était-ce pour soutenir LFI ? 

Je m’inscris pleinement dans la voie de celles et ceux qui assument totalement leur position politique, qui ne masquent pas leur opposition mais qui, avant tout, ne basculent pas dans la caricature politicienne et osent la confrontation dans le cadre d’un débat d’idées. Je me sens d’ailleurs en phase avec une bonne partie de la population qui souhaite que leurs responsables politiques travaillent ensemble, se parlent, et sachent se mettre d’accord sur des sujets d’intérêt national prioritaire.

Mon entrée en politique au sein d’un courant centriste, nouveau, En marche, s’est faite sur la base d’une volonté de dépasser les clivages politiques traditionnels, de sortir des chasses gardées et de la défense de son petit territoire. renouveler les pratiques politiques, en finir avec les baronnies et les réseaux cachés, prôner la franchise et la transparence, le respect du contradicteur plutôt que le mépris. 

Le débat n’est jamais inutile, il fait grandir nos pensées, il fait grandir nos sociétés. Donc à nouveau, si je devais être invitée dans une université d’été de LFI, du PS, d’EELV, de LR, ou même du RN… ou à la fête de l’huma et bien, après vérification de la teneur du débat, et des personnalités invitées, mon réflexe serait naturellement positif.

Enfin, si ces commentaires d’un ancien temps m’attristent, je suis profondément choquée que cela se fasse sur la base d’un débat concernant le rapport parlementaire sur les violences faites aux enfants. D’autant plus quand c’est anonyme et agressif, comme ceux de mes collègues qui répondent à la presse.

Ce sujet ne peut en aucun cas être pris en otage. L’ensemble de la représentation nationale nous a confié, à Paul Vannier et moi-même, une charge particulièrement dure par sa charge mentale, les sujets traités dépassaient parfois l’imaginable. Refuser cette invitation aurait été une faute de l’élue républicaine que je suis, je n’aurais pas respecté les attentes de mes collègues parlementaires. Alors oui, Paul Vannier est LFI et je suis RE, nous ne partageons pas grand-chose au niveau idéologique. Je reste fondamentalement en opposition aux approches dogmatiques de LFI, et à ses positions qui banalisent l’antisemitisme, hystérisent les débats publics, méprisent les forces de l’ordre, attaquent nos institutions et les fondements de notre République.

Mais quand on parle d’enfants, c’est le bon sens et l’unité qui doivent primer, pas les postures politiciennes.

Répondre à une invitation, ce n’est pas rallier une cause : c’est choisir de débattre. 

Sortir de sa zone de confort politique, ce n’est pas une faiblesse, c’est un devoir démocratique.