CONTRIBUTIONS

Programme Education & Cantines

Ce document est la contribution détaillée du collectif FAIRE RESPIRER LILLE en date du 5 mars 2020. Elle complète le programme rendu public dès le 16 janvier.

A lire également en ligne : 

  • la Lettre de Violette Spillebout aux parents des écoles publiques du 2 mars
  • notre réponse aux questions de la FCPE Nord ce 5 mars 
  • et les chartes autour de la cantine que nous avons signées ce 5 mars : pour une cantine sans nitrite, une cantine sans plastique, et la Charte de la #VilleAntiGaspi.

Les écoles de Lille, de quoi parle-t-on ? 

Les villes de Lille, Lomme et Hellemmes, ses deux communes associées, ont à gérer de nombreuses écoles ou groupes scolaires.  

Quelques chiffres : 

Un peu plus de 16 000 élèves de maternelle et d’élémentaire à la rentrée 2019 sur les 3 communes. 

13500 enfants et 86 écoles sur la seule commune de Lille. Soit environ 1 625 enfants par tranche d’âge (de 3 ans à 10 ans).

Dans le budget Prévisionnel de la ville pour 2020, plus de 20 % des dépenses d’investissement sont consacrées “à l’éducation et à l’enfance” (18,2 M€ soit 22 % du budget investissements hors dette). 

Des chiffres dont les détails sont difficiles à obtenir.

Les dépenses de fonctionnement s’élèvent, elles, à 46 M€ dont 36 M€ de personnel.

Une situation sociale particulière à Lille :  25% des familles et 32 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté !

Notre ambition : l’école du bien-être

Nous voulons l’école du bien être, car l’école est le lieu des premiers échanges, des premiers amis, de la rencontre du monde des adultes, de l’apprentissage des règles du vivre ensemble, un espace de vie collective où les échecs et les réussites futurs se dessinent.

  1. Des écoles vertes, apaisées, avec des cœurs de verdure, des bâtiments “responsables”, des abords sécurisants
  1. Des écoles de la réussite pour tous, où l’égalité des chances passe par la lutte contre le décrochage, par le sport avec “tous nageurs, tous cyclistes”, l’anglais avec “Lille bilingue”, et l’apprentissage de la communication non violente.
  1. Une cantine gratuite et responsable, donc de qualité, qui donne l’exemple sur le bien manger et la lutte contre le gaspillage. 
  1. Des moyens à la hauteur de ces ambitions, et une nouvelle méthode de travail 

1 – Des écoles vertes et une charte du bien-être commune à tous nos bâtiments scolaires

Des bâtiments où il fait bon grandir

Il nous semble impératif d’effectuer, dès après l’élection du 22 mars 2020, un audit de nos bâtiments scolaires pour répondre à minima aux normes en vigueur, pour assurer un accueil digne aux personnes à mobilité réduite et surtout pour trouver des solutions qui seront autant d’occasions d’apprentissage pour les enfants.

Forts de cet audit et des rapports annuels obligatoires, nous proposerons à la communauté éducative de participer à l’élaboration d’un plan d’investissement global, en complément d’une enveloppe budgétaire spécifique pour travaux urgents, en établissant des priorités :

– Créer pour chaque école un protocole d’alerte de signalement de danger immédiat,

– Veiller, anticiper et accompagner toute nouveauté (matériaux, insonorisation, …) aux bénéfices des enfants   

– Étudier pour chaque école son adaptation au changement climatique, en faire des lieux de résilience (comme à Copenhague)

– Optimiser les consommations énergie/eau et systèmes existants : relève à distance et de centralisation de tous les bâtiments municipaux pour une réelle gestion centralisée globale pour faire des économies.

– Accroître l’efficacité énergétique des bâtiments : isolation thermique extérieure (ITE) des façades et toitures (isolation) ; Traiter en priorité les passoires thermiques et les bâtiments fort émetteurs de CO2.

– Mise en place de photovoltaïque et faire des écoles des lieux de production d’énergie 

– Développer des cahiers des charges de travaux intégrant la politique zéro déchets : cantine, zéro plastique, recyclage… 

– Adapter des lieux à d’autres activités en dehors du temps scolaire, en particulier l’été : lieux d’accueil et de fraîcheur, aux moments les plus chauds 

– Faciliter les mobilités douces : emplacement sécurisé pour les vélos, vestiaires 

– Développer les cœurs de verdures dans les cours d’école

– Travail sur le respect d’autrui avec des propositions d’aménagement des toilettes

L’ensemble de ces propositions pourront se voir décliner sur les temps périscolaires et/ou scolaires (avec bien entendu l’accord préalable des enseignants) à travers une multitude d’activités pédagogique adaptées au niveau concerné (étude des différents matériaux de construction, projets artistiques, découverte des corps de métiers…) Des activités qui participeront donc directement à l’égalité des chances car elles permettent de s’approprier certaines clés et codes pour la vie de tous les jours.

“Nous voulons repenser toutes ces questions, mais avec les parents, les enseignants et les animateurs, dans une ville qui n’est vraiment pas exemplaire aujourd’hui dans sa capacité à faire du lien entre tous les acteurs de la communauté éducative.” 

Ca n’est qu’en travaillant en tripartite ainsi qu’avec les enfants eux mêmes, que nous améliorerons sensiblement leur quotidien et celui de ceux qui travaillent à leur côté. Nous allons décloisonner !

La mobilité douce aux abords des écoles 


La sécurité aux abords des écoles passe d’abord par une signalisation adéquate, un aménagement urbain de qualité, et le respect des règles. 

Pour faire respecter la sécurité aux abords, nous pouvons compter sur le professionnalisme de nos policiers municipaux. Aujourd’hui trop peu nombreux si nous nous comparons aux villes de même taille, nous doublerons l’effectif, nous l’avons inscrit à notre programme, pour atteindre 220 postes. Sur les lieux les plus accidentogènes, nous mobiliserons nos policiers et nous assurerons une présence humaine pour les écoles où les aménagements restent difficiles ou seront plus longs puisque tout ne pourra se faire en un jour.

“Grâce aux conseils d’école, nous identifierons également, ensemble, les points de vigilance et nous inciterons les conseils à être force de propositions.” 

  • Aménagements des voiries des abords immédiats des écoles : plots, voies réservées…
  • Signalisations temporaires aux horaires de sortie et entrée
  • Abaissement des vitesses autorisées

Ces mesures seront complétées par l’incitation aux mobilités douces et des actions de sensibilisation non seulement à destination des enfants mais aussi des parents.

Ainsi, nous envisageons d’acquérir des pistes de sécurité routière mobiles mutualisées entre plusieurs écoles et des kits pédagogiques de sécurité routière dans toutes les écoles, qui pourront être utilisés en animation par les équipes périscolaires.

“Nous nous appuierons aussi sur les collectifs citoyens de pédibus et vélobus sécurisés que nous aiderons à se constituer en associations.” 

Rappelons aussi que notre programme prévoit la gratuité des transports en commun pour les jeunes. Vous retrouverez aussi sur notre site toutes nos mesures pour développer le vélo et la marche en ville. 

Des cœurs de verdure, potagers et composteurs dans les cours des écoles publiques

Le laboratoire du Dr Mark Nieuwenhuijsen, chercheur au Centre for Research in Environmental Epidemiology à Barcelone, a mené une étude auprès de 2 600 élèves dans 36 écoles différentes pour comprendre les effets bénéfiques de la présence de verdure dans l’environnement proche des enfants sur le niveau de développement de leurs fonctions cognitives.

Les capacités cognitives des enfants se développent plus vite quand ils sont exposés à des espaces verts (toutes les sortes de végétation : arbres, arbustes, herbe, fleurs…) dans leur vie quotidienne, et surtout à l’école. Les élèves étudiés dans le cadre de cette étude avaient entre 7 et 10 ans. Cette étude a démontré que c’est surtout la quantité d’espace vert dans l’école et rencontrée sur le chemin de l’école qui compte (plus que celle à la maison). Cette étude nous a inspiré sur la manière de concevoir les écoles et l’urbanisme urbain.

Nous allons planter des arbres, doter les écoles de potagers, réintroduire l’herbe dans les cours de récréation, mettre des plantes vertes dans les classes et les couloirs, acheter du mobilier naturel. 

L’art pourrait aussi être un prétexte pour amener la nature et la verdure dans l’école (observer attentivement la nature et la dessiner ; utiliser des matériaux naturels…)

Éco-écoles : labellisation E3D en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale pour sensibiliser les écoliers et les familles au Développement Durable 

Les objectifs visés à travers la labellisation « E3D » sont :

  – Mettre en valeur les projets EDD déjà existants en les appuyant sur une vraie politique d’établissement ;

  – Développer les partenariats, notamment avec les acteurs territoriaux.

L’éducation au développement durable (EDD) permet d’appréhender le monde contemporain dans sa complexité, en prenant en compte les interactions existant entre l’environnement, la société, l’économie et la culture.

Il s’agit  de former le futur citoyen aux choix complexes qui mettent en jeu le développement durable dans son existence personnelle et dans la société dans laquelle il vit. 

La démarche « E3D » peut se conjuguer avec les éducations transversales, comme l’éducation à la santé, l’éducation à la responsabilité, l’éducation au développement et à la solidarité internationale, l’éducation aux médias ou encore l’éducation artistique et culturelle.

2 – La réussite pour tous à l’école

Un programme de « Communication non–violente » dans toutes les écoles, avec lutte contre le harcèlement scolaire et soutien psychologique

L’enjeu à l’école, c’est lire, écrire, compter. C’est aussi se respecter soi-même et les autres. Ce processus de communication non violente initié par le Docteur en Psychologie Marshall Rosenberg postule que le langage et les interactions renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant.  Dans une société où le moindre petit événement sous-tend un conflit nous avons besoin d’apaisement ! 

Apprendre à prévenir et gérer les conflits

Un travail sera mené avec l’éducation nationale puisque les temps périscolaires (16 heures hebdomadaires) seront pensés dans la continuité des temps éducatifs. Halte aux silos, ce sont les mêmes enfants qui traversent les différents temps dans la journée : ce qui se passe le midi, ou en accueil du soir, influe sur le lien de l’enfant et de ses parents. 

Ce programme de Communication non violente sera déployé dans toutes les écoles, avec des interventions régulières pour aider les enfants à se parler avec respect et à dialoguer sans violence : jeux de rôle, résolution des conflits, improvisation, gestion des émotions feront partie des activités proposées.

Nous voulons aussi proposer et partager cette bonne pratique avec les écoles privées ! 


La prise en charge de ces ateliers se basera en partie sur le redéploiement des « clubs » le midi dans chaque école et des temps de garderie de 16.30 à 18.30. 

L’occasion aussi d’aborder les sujets du vivre ensemble et de la laïcité.

Lille bilingue : l’anglais pour tous à l’école, 2h/semaine

L’inspectrice générale Chantal Manes-Bonnisseau et le journaliste Alex Taylor préconisent dans un rapport récent remis à Jean-Michel Blanquer d’imposer l’enseignement de la langue de Shakespeare dès le CP, avec davantage d’oral et d’activités linguistiques. 

En s’appuyant sur le constat scientifique qui indique que le cerveau a plus de facilité à l’apprentissage d’une langue étrangère avant l’âge de 11 ans, les auteurs du rapport recommandent de commencer tôt, « très tôt, le plus tôt possible ». 

Et ce, en mettant l’accent sur une pratique quotidienne, vingt à vingt-cinq minutes par jour en primaire. 

“L’accent devra être mis sur l’oral, il faudra impulser les innovations qui fonctionnent, écriture de livres et de poèmes en classe, constitution de clubs de théâtre, concours de chant, etc. Nous développerons les partenariats utiles afin d’engager cette démarche à Lille.”

Cette proposition contribuera à des facilités d’accès aux emplois à Lille qui requiert bien souvent la pratique de l’anglais en lien avec la dimension européenne de la Métropole Lilloise.

L’anglais est à imaginer sur les temps scolaires après une concertation avec l’éducation nationale, à l’instar de l’expérimentation initiée en 2019 par l’Éducation nationale afin d’inciter les élèves des écoles de Calais à parler plus couramment anglais. A Calais, des classes où les élèves apprennent en français et en anglais, c’est pour 2020, du moins dans les écoles maternelles. Cela a commencé dès septembre 2019 : l’expérimentation a été lancée dans deux circonscriptions du 1er degré. Plus de 75 professeurs des écoles ont été formés par le British Council, institution gouvernementale dont le but est de « promouvoir l’apprentissage de la langue anglaise, de participer à sa diffusion». Dans la Commune de Selestat ce type de dispositif existe depuis 2001.

Nous favoriserons aussi les séjours à l’étranger.

Le sport, avec les programmes “Tous nageurs” et “Tous cyclistes”   

Des créneaux de piscine insuffisants

5 piscines à Lille 

• Piscine Plein Sud Lille

• Piscine Marx Dormoy

• Piscine de Fives

• Piscine Tournesol d’Hellemmes

• Piscine Municipale de Lomme

Au printemps 2019, la ministre des Sports Roxana Maracineanu tirait la sonnette d’alarme : un enfant sur six ne sait pas nager à son entrée au collège. La natation est pourtant un enseignement obligatoire à l’école primaire. 

Dans les conditions actuelles des piscines à Lille, il paraît illusoire de penser que les enfants quittent le CM2 en sachant nager le papillon : le but à la fin du cycle est qu’il sache rejoindre la rive en étant à 15 mètres du bord sans avoir pied. Même cela de nombreux enfants ne le maîtrisent pas…

Le programme scolaire n’impose que 30 heures d’enseignement obligatoire de la natation entre le CP et CM2. « C’est trop peu, et souvent, ces 30 heures sont éclatées sur tout le premier cycle : les enfants ont un premier trimestre de natation en CP, un autre en CE2 et encore un fin CM2. 

On ne peut pas leur apprendre correctement à nager dans ces conditions. »

Si on enseignait la lecture comme on enseigne la natation à l’école, il faudrait des années pour apprendre à lire. 

Nous voulons donc rénover les piscines et amplifier l’accès des piscines à des tarifs encore plus accessibles pour les petits Lillois en dehors du temps scolaire. 

L’été la piscine Marx Dormoy est fermée. Certes il y a lieu de faire l’entretien mais des solutions doivent être trouvées pour permettre son ouverture lors des grandes vacances d’été aux périodes les plus chaudes de l’année (cf. projet de base nautique). Cette réflexion doit aboutir à une plus grande amplitude d’ouverture aux bénéfices des Lillois.

Tous Cyclistes

Les exercices physiques du cyclisme sont liés à l’amélioration de la santé et au bien-être. 

Elles assurent, selon la plupart des études de santé :  la perte de poids, améliorent l’endurance, diminuent les temps de récupération, permettent d’éviter les maladies cardiovasculaires liées à l’âge et amplifient les voies respiratoires. Tous ces effets sont bons à long terme. 

Selon l’ADAV, avec une vitesse moyenne de 16 km/h en agglomération, l’automobiliste est tributaire des bouchons et des difficultés de stationnement. Le cycliste dont la vitesse varie entre 10 et 20 km/h, ne connaît pas ces embarras. Il est donc plus rapide sur des distances inférieures à 5 km.

Nos ambitions pour le vélo à Lille sont très fortes

• Nous développerons 25 voies vélos express végétalisées : réseau sécurisé sur les grands boulevards et les grandes rues plantées d’arbre. le plan cyclable de la MEL sera mobilisé. 

• Double –sens cyclable systématique dans les voies à sens unique

• Plus d’arceaux à vélo et de box sécurisé à proximité des lieux publics et commerces

• 500 places de vélos dans chaque parking

• Caution solidaire et multiplication des stations V’Lille

• Sept nouvelles passerelles réservées aux piétons-vélos pour relier les quartiers

• Nous mettrons en place, dans les écoles élémentaires, en lien avec l’ADAV, des séances de formation du bien conduire à vélo. 

• Nous travaillerons avec les collèges, les lycées et les Universités sur le bien conduire en ville en voiture et à vélo !     

• Nous sensibiliserons les auto-écoles afin qu’elle mette l’accent sur la conduite en ville dans un environnement cyclable. 

Un accès enfin simplifié aux salles municipales  

Aujourd’hui le nombre de salle de sports est largement insuffisant et l’accès pour les écoles comme pour les clubs relèvent plus du chemin de croix que d’une partie de plaisir. 

Nous rendrons transparentes les conditions d’accès et les développerons avec de nouveaux lieux et des horaires plus larges. 

Lutte contre le décrochage scolaire : renforcer le soutien et l’aide aux leçons 

Le décrochage scolaire constitue un enjeu humain et un défi social à Lille. Pour de nombreux jeunes, l’école et la formation sont vécues comme une source de mal-être. Le décrochage a un impact négatif sur l’estime de soi des élèves. De plus, les jeunes en situation de décrochage présentent des risques importants de ne pas réussir leur insertion sociale et professionnelle. 

“Rappelons que dans certains quartiers le taux de chômage dépasse les 40% et que les jeunes sortent des radars (les NEET). Nous développerons une politique jeunesse intégrée, de la prévention à la remédiation.”

Nous travaillerons avec toute la communauté éducative, en lien avec tous les partenaires de l’éducation nationale, avec l’objectif de prévenir le décrochage et de proposer à chaque jeune en situation de décrochage une solution personnalisée.

Nous soutiendrons les associations de quartier déjà engagées dans la proximité de chaque école. En lien avec l’AFEV, et l’appui des étudiants des Universités et Grandes écoles de Lille, les Centres sociaux, nous développerons des solutions pour toutes les écoles. 

Nous mobiliserons nos partenaires publics, la politique Jeunesse du Conseil Départemental et de l’Etat pour accompagner le développement des réponses adaptées. Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, la France et la Commission européenne soutiennent les actions de lutte et en particulier de prévention du décrochage à travers l’appui apporté au projet TITA (« Team coopération to Fight Early School Leaving, Training, Innovative Tools and Actions »).  Nous mobiliserons ces moyens de l’UE !

Nous valoriserons aussi, dès l’école les métiers et l’apprentissage, en lien avec la Chambre de métiers et de l’artisanat.

Les jeunes lillois devraient pouvoir visiter au moins une fois lors de leur scolarité la très belle Chambre de Métiers et de l’Artisanat qui s’est installée à Lille Sud !

3 – Une cantine gratuite et responsable : “à la cantine donnons l’exemple”


Des engagements sérieux et sincères sur le “bien manger” (la qualité)

Alors que la maire sortante en place depuis 25 ans est restée sourde aux demandes des parents globalement peu satisfaits des cantines, et avec qui le dialogue est peu développé, elle annonce d’un coup qu’elle atteindrait 100% de bio (21% à date) et 100% “local” contre 31% aujourd’hui (mais d’où exactement ?) à 2026. 


Nous voulons d’abord plus de produits frais, chasser les aliments industriels transformés (riches en calories “vides” et facteur d’obésité), plus de “vrai” local y compris avec les artisans lillois (la définition actuel de “local” à Lille est floue) : 50% minimum à 2026, 3 fois de bio (75%) et des repas végétariens équilibrés en option chaque jour dans les écoles publiques. 

“Nous utiliserons la commande publique pour faire changer l’offre alimentaire, nous devons favoriser les produits issus de circuits courts et de l’agriculture biologique dans nos cantines.”

Vers une cantine sans nitrites

L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) a classé en 2015 la charcuterie industrielle comme agent cancérigène. Selon l’OMS, chaque portion de 50 grammes de charcuterie consommée tous les jours augmente le risque de cancer colorectal de 18 %. En France, 4 000 cas de cancer colorectal sont attribuables à la charcuterie nitrée.

Le livre de 2017 « Cochonneries » du lanceur d’alerte Guillaume Coudray a permis une prise de conscience d’une partie de la population et a incité certains industriels à proposer des gammes de charcuterie sans nitrites. 

Fin 2019, Food Watch, la Ligue contre le Cancer et Yuka ont lancé une pétition qui a réuni près de 200 000 signataires demandant l’interdiction des nitrites dans la charcuterie. 

Richard Ramos Député, Président d’une mission d’information à l’Assemblée nationale, a réuni des députés, Maires et candidats, signataires du pacte pour des « cantines sans nitrites » avec la volonté de mettre le « bien manger » au centre des politiques municipales. 

“A Lille, je m’engage à réduire progressivement cette viande nitrée – dont les effets sur la santé sont maintenant clairs. dès le début du mandat, le bien manger doit être au coeur du projet de nouvelle restauration scolaire.”


Un repas végétarien équilibré chaque jour en option par semaine

Déjà développé dans une contribution récente.

Une cantine gratuite, solidaire

Comme la Suède le fait depuis de nombreuses années, et comme Drancy et d’autres villes du 93 l’ont lancé depuis plusieurs années, nous voulons avec la gratuité refaire du temps du repas un lieu de sociabilisation et de mixité sociale, donner un coup de pouce financier aux familles lilloises modestes et à revenu intermédiaire, soulager les équipes éducatives sur les cas de grande précarité, prévenir la malnutrition.

“Nous rendrons aussi la cantine GRATUITE pour mettre un terme aux discriminations d’accès. Pour Jacques Toubon (Défenseur des Droits) et Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE la question de la gratuité, c’est une question de choix de société.”

La mesure concernera les 16000 élèves des 103 groupes scolaires de Lille Hellemmes Lomme. Cette mesure est donc d’abord une mesure de justice sociale pour les enfants les plus pauvres : la dernière enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) pointe du doigt la difficulté de l’école, en France, à compenser l’impact de l’origine socio-économique des enfants sur leurs résultats à l’école. Or, pendant 2h chaque midi, soit 8h par semaine, il y a des occasions de se développer, pendant et après le repas.

“A Lille, je veux lutter contre les déterminismes sociaux et l’assignation à résidence qui en découle. Avec cette mesure très forte, je veux renouer avec la méritocratie républicaine et l’égalité des chances.” (Violette Spillebout, lors de la conférence de presse d’annonce en décembre 2019)

Actuellement, même avec des tarifs bas pour 50% des familles, les restaurants scolaires demeurent le lieu des fractures sociales. Encore trop chère pour certains en grande difficulté, trop chère et peu attractive pour les familles aisées ayant plusieurs enfants et pouvant choisir de se rabattre sur d’autres solutions en dehors de l’école.

La mesure devrait engendrer 20 à 25% d’augmentation de fréquentation à la cantine (basé sur les expériences en Suède et en France dans le 93). Certes, la mesure engendre une perte de recettes de la participation des familles (2,2 Millions d’euros) mais partiellement compensée par une recette complémentaire de l’Etat (mesure nationale cantine à 1 euro) et par la baisse des coûts de collecte et de recouvrement.  Au global, nous évaluons le coût annuel de la mesure à 4 millions d’euros (le coût actuel de la ligne « hébergement et restauration » du budget de la ville est de 14 M€ avec un montant de recettes de 630 000 € qui semble bien bas). 

Nous envisageons également d’apporter un soutien financier aux cantines des écoles privées qui s’engageraient dans le local, le frais et le bio.

Environnement, solidarité : une cantine qui s’engage

● Nous lancerons un grand programme “Cantine Zéro déchet” pour lutter contre le gaspillage alimentaire : les denrées jetées c’est 30 à 40% chaque jour, peu ou pas valorisés, et les déchets non alimentaires c’est 600 000 kg de déchets plastique par jour à cause des barquettes plastiques qui servent encore à transporter les repas dans les restaurants scolaires (qui n’assurent que la distribution) !

Nous le savons, « réduire le gaspillage alimentaire est l’une des choses les plus importantes que l’on puisse faire pour inverser le changement climatique. » C’est aussi très choquant ans une ville où tant de gens souffrent de précarité. 

“C’est parce qu’à Lille, entre 30 et 40% de la nourriture des cantines scolaires est jeté sans qu’aucune mesure ambitieuse n’ait été prise pour contrer cela que j’ai décidé de signer la charte #MaVilleAntiGaspi, une initiative qui met la lutte contre le gaspillage alimentaire au coeur des problématiques des communes.”

● Supprimer les perturbateurs endocriniens : ces barquettes pourraient être remplacées par de la cellulose qui n’inspire pas grande confiance. Et le meilleur déchet c’est celui qu’on ne produit pas. Nous repasserons à l’inox !

“Je signe également, aujourd’hui la charte CANTINE SANS PLASTIQUE FRANCE pour bannir enfin l’utilisation du plastique dans la restauration scolaire, qui pose, à Lille comme ailleurs, des problèmes de santé et évidemment, d’environnement.”

4 – Des moyens à la hauteur de nos ambitions : la ville doit s’engager plus

Nous prévoyons un budget d’investissement à la mesure des enjeux pour offrir les meilleures conditions pour les petits lillois et lilloises. De 18 M€ dédié à l’éducation jeunesse ous passerons à 21 M€ (+ 15 %) tout au long du mandat, soit 1/6ème supplémentaire afin de mettre aux normes environnementales nos bâtiments (bâtiment passif  ou à énergie positive) et de financer nos ambitions.

Pour ce qui est des dépenses de fonctionnement, nous les réévaluerons à hauteur des besoins que nous estimons à environ à environ 10% supplémentaires par enfant pour le développement des activités, notamment lié par exemple au développement de notre programme de Communication non violente (hors frais de personnel, nous estimons nécessaire de réévaluer à 11 M€ soit +1 M€).

Les moyens humains dans les écoles maternelles

Les ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) font intégralement partie de la communauté éducative et doivent aux côtés des enseignants pouvoir remplir leur mission initiale 

– Accueil et hygiène des enfants, propreté des locaux, suivi du matériel, encadrement de la restauration 

– Participer aussi auprès des enseignants aux activités éducatives et pédagogiques. 

A Lille, nous garantirons 2 ATSEM pour 3 classes et mettrons l’accent sur des enjeux qui nous semble primordiaux comme l’accueil des élèves à besoin éducatifs particuliers : 

– Outiller chaque agent face à la diversité rencontrée pour que celle-ci ne se transforme pas en difficulté. (sans pallier un éventuel manque d’AVS).  

– Aménager des temps de formation sur une thématique particulière, en fonction des projets d’école et sous la houlette des enseignants.

– valoriser les missions spécifiques de certains ATSEM à travers une fiche de poste aménagée, voire, une indemnité spécifique.

Nous prévoyons également des postes d’assistants pour le secrétariat-accueil dans chaque groupe scolaire

Dotations allouées aux écoles de Lille

Nous envisageons des aides individualisés à la scolarité aux enfants :

• Kit de rentrée pris en charge par la commune garantissant l’égalité entre les élèves et assurant un appui pour tout enseignant

• Aménagement spécifique lié à un besoin éducatif particulier

• Passeports citoyens avec une somme forfaitaire à destination d’activités culturelles, sportives pour les élèves les plus défavorisés.

Aides à la scolarité pour les écoles :

• Un plan numérique existe, nous l’évaluerons pour bien préparer les élèves aux défis de demain et vérifierons que dans chaque école il y a bien plusieurs ordinateurs et/ou tablettes en état de fonctionnement, un vidéoprojecteur, une connexion internet efficiente et accessible à tous. 

L’effort d’engagement n’est pas que financier

Une nouvelle méthode de travail : 

Les Présidents de Conseil de quartier, ou des délégués doivent systématiquement participer aux conseils d’école, afin d’être à l’écoute des besoins.

Parce que nous voulons une mairie 100% efficace, chaque école aura, en soutien, un élu du conseil municipal, pour remonter plus rapidement les problèmes (travaux dans l’école, matériel informatique, sécurité, activités périscolaires…). 

Il est urgent d’agir pour renforcer le dialogue et la coopération entre les parents, les enseignants, les animateurs, les services de la Ville, et toutes les associations sportives et culturelles, au bénéfice de vos enfants.

Nous voulons aussi plus d’échanges entre parents d’élèves et un meilleur accès à l’information sur toute l’offre culturelle et de loisirs à l’école et en dehors (ce qui passe aussi par la “digitalisation” des services de la ville).

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