Une proposition de loi « renforçant la sécurité des élus locaux » adoptée en commission
par Maxence Kagni, le Mercredi 31 janvier 2024
Une proposition de loi « renforçant la sĂ©curitĂ© des Ă©lus locaux et la protection des maires » a Ă©tĂ© adoptĂ©e, ce mercredi 31 janvier, par la commission des lois de l’AssemblĂ©e nationale. D’origine sĂ©natoriale, le texte prĂ©voit notamment de renforcer les sanctions encourues par les auteurs de violences contre des Ă©lus.Â
Les dĂ©putĂ©s de la commission des lois ont adoptĂ©, ce mercredi 31 janvier, la proposition de loi sĂ©natoriale « renforçant la sĂ©curitĂ© des Ă©lus locaux et la protection des maires« . Le texte, adoptĂ© par le SĂ©nat le 10 octobre 2023, renforce les sanctions encourues par les auteurs de violences Ă l’Ă©gard des titulaires de mandats Ă©lectifs.
« L’augmentation très nette du nombre d’agressions d’Ă©lus, mais aussi la banalisation des injures publiques, des outrages, des phĂ©nomènes de harcèlement, notamment en ligne, appelle une rĂ©action forte des pouvoirs publics« , a dĂ©clarĂ© la rapporteure Violette Spillebout (Renaissance). La dĂ©putĂ©e, qui a notamment citĂ© le cas très mĂ©diatisĂ© de l’attaque du domicile du maire de L’HaĂż-les-Roses, Vincent Jeanbrun, lors des Ă©meutes de juin-juillet 2023, a indiquĂ© que les faits « d’atteintes aux Ă©lus » avaient augmentĂ© de 15% entre 2022 et 2023. Entre 2021 et 2022, la hausse avait Ă©tĂ© de 30%.
Le texte aligne donc les sanctions prĂ©vues contre les auteurs de violences commises contre des Ă©lus sur celles prĂ©vues pour les violences commises sur les dĂ©positaires de l’autoritĂ© publique. En commission les dĂ©putĂ©s ont, en outre, Ă©tendu cette sanction aux actes visant d’anciens Ă©lus locaux. La proposition de loi crĂ©e Ă©galement une peine de travail d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral en cas d’injures publiques, ou d’outrage, Ă l’encontre des personnes dĂ©positaires de l’autoritĂ© publique et de certains Ă©lus.
SANCTIONS AGGRAVÉES
La proposition de loi prĂ©voit aussi un octroi « automatique » de la protection fonctionnelle « par la collectivitĂ© territoriale aux Ă©lus locaux exerçant des fonctions exĂ©cutives« , ainsi que l’extension de cette protection « aux candidats Ă un mandat Ă©lectif« . Mercredi, Violette Spillebout a Ă©voquĂ© sa volontĂ© « d’Ă©largir le bĂ©nĂ©fice de la protection fonctionnelle Ă tous les Ă©lus locaux, y compris ceux qui n’exercent pas de fonction exĂ©cutive« .
La dĂ©putĂ©e n’a cependant pas pu dĂ©poser d’amendement allant dans ce sens, en raison des règles de recevabilitĂ© financière qui encadrent le droit d’amendement. Elle compte donc sur le gouvernement pour reprendre la mesure Ă son compte lors de l’examen du texte dans l’hĂ©micycle, prĂ©vu les 6 et 7 fĂ©vrier prochains.
Lors de l’examen du texte rĂ©digĂ© par François-NoĂ«l Buffet (Le RĂ©publicains) au SĂ©nat, le dĂ©lai de prescription des dĂ©lits d’injure et de diffamation commis Ă l’encontre des parlementaires et des Ă©lus d’exĂ©cutifs locaux avaient Ă©tĂ© allongĂ©, passant de trois mois Ă un an. Les dĂ©putĂ©s ont Ă©tendu cet allongement aux personnes « candidates Ă un tel mandat au moment des faits« .
La proposition de loi complète le droit actuel, qui aggrave les sanctions pour les personnes qui « diffusent » ou « rĂ©vèlent » des informations permettant d’identifier ou localiser un Ă©lu « aux fins de l’exposer ou d’exposer les membres de sa famille Ă un risque direct d’atteinte Ă la personne ou aux biens que l’auteur ne pouvait ignorer« . Alors que le texte initial prĂ©voyait d’Ă©tendre ce dispositif aux candidats Ă un mandat Ă©lectif pendant la durĂ©e de la campagne, la commission des lois a encore Ă©tendu cette protection aux proches des Ă©lus et des candidats.
UN TEXTE « DÉFENSIF » SELON LFI
Le texte a Ă©tĂ© soutenu par la plupart des dĂ©putĂ©s prĂ©sents, à l’exception de SĂ©bastien Rome (La France insoumise), qui a dĂ©noncĂ© un « texte dĂ©fensif » qui « ne cherche pas Ă reconstruire le lien entre nos concitoyens et le RĂ©publique« . L’Ă©lu a regrettĂ© que le texte ne permette pas « d’accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures » et critiquĂ© une « baisse des moyens des collectivitĂ©s« , ainsi que de « la qualitĂ© des services publics« .
Dans son propos introductif, Violette Spillebout avait qualifiĂ© la proposition de loi sĂ©natoriale de « volet sĂ©curitĂ© d’un ensemble plus large de mesures« . La dĂ©putĂ©e Renaissance souhaite en effet entamer une « rĂ©novation profonde du statut de nos Ă©lus« , dont les bases ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans le rapport parlementaire qu’elle a co-Ă©crit avec SĂ©bastien Jumel (Gauche dĂ©mocrate et rĂ©publicaine). Le dĂ©putĂ© communiste, qui a soutenu la proposition de loi « renforçant la sĂ©curitĂ© des Ă©lus locaux et la protection des maires« , a jugĂ© nĂ©cessaire de « renforcer le pouvoir d’agir des Ă©lus« . « Plus on est en situation de rĂ©pondre aux besoins des gens, plus on est protĂ©gĂ© et prĂ©servé« , a-t-il expliquĂ©.
Dans leur rapport, les deux dĂ©putĂ©s proposent notamment de crĂ©er un « vĂ©ritable statut de l’Ă©lu local« , ainsi qu’une « indemnitĂ© d’engagement citoyen«  d’un montant allant de 40,85 euros Ă 245,15 euros bruts par mois pour les conseillers municipaux sans dĂ©lĂ©gation. Violette Spillebout et SĂ©bastien Jumel, qui souhaitent rĂ©diger une proposition de loi transpartisane, espèrent que celle-ci sera Ă©tudiĂ©e au « premier semestre 2024« .






