COMMUNIQUÉSCONSEIL MÉTROPOLITAIN

Je demande le report du vote sur l’extension du siège de la MEL

 

Ma lettre au premier Vice-Président, et président par intérim Eric Skyronka :

 

Monsieur Eric SKYRONKA
Premier Vice-président
Métropole Européenne de Lille
À Lille, le 18 décembre 2025

Référence : 2025-71-MG

Objet : Demande de report du vote sur les délibérations 25 C 0528 et 25 C 0529

Monsieur le Premier Vice-président,
Lors du conseil métropolitain de ce 19 décembre 2025, qui était présenté comme le dernier de cette mandature, il est prévu de proposer aux suffrages des élus métropolitains les délibérations référencées 25 C 0528 et 25 C 0529, relatives respectivement à la construction d’un immeuble de bureaux destiné à accueillir les services de la MEL (dit « MEL 2 ») et à la sélection du lauréat d’un appel à manifestation d’intérêt pour le site du Champ Libre.

Je vous demande de bien vouloir retirer ces deux délibérations de l’ordre du jour. Je ne me permettrais pas cette demande si elle ne s’appuyait pas sur plusieurs éléments qui, à mon sens, justifient et même exigent une très grande prudence de la part de la Métropole.

Manquements sur les procédures

D’une part, plusieurs informations me sont parvenues, faisant état de manquements majeurs dans les procédures suivies pour l’appel d’offres, qui pourraient mettre en risque la poursuite de ce projet. Il me semble important que ces doutes, qu’ils soient fondés ou non, soient levés, et si nécessaire corrigés, avant tout vote.

Manquements d’information préalable des élus

J‘ajoute que, même si vous décidiez de maintenir ces délibérations en ayant connaissance de cette alerte, les élus métropolitains n’ont à ce jour pas été destinataires des délibérations finalisées.
Pourtant, les éléments manquants dans les projets de délibérations, notamment sur les attributaires des marchés, sont connus de beaucoup, au sein des services et même au-delà. Dès lors, il est bien évident que ces délibérations, si elles étaient adoptées demain, pourront et seront attaquées devant la justice administrative pour défaut d’information des élus, l’absence de communication des éléments déterminants étant toujours flagrante à la veille de la séance et ne leur permettant pas de se forger un avis éclairé.

Crise de gouvernance à la Métropole

D’autre part, sur le plan du portage politique, ce projet ne me semble pas pouvoir être soumis au vote du conseil. Ayant été conjointement porté par le Président Damien CASTELAIN et le Maire de Lille Arnaud DESLANDES, la légitimité de sa mise en œuvre est aujourd’hui très affaiblie par la vacance du siège de président d’une part, et la proximité du renouvellement à la fonction de Maire de Lille d’autre part. Etes-vous prêt, alors que vous assumez l’intérim de la fonction de Président, à assumer l’entière responsabilité politique et juridique de ce dossier ? Au regard des enjeux et des sommes concernées, ne pensez-vous pas qu’il faut impérativement attendre pour cela l’élection d’un nouveau président à la tête de la Métropole, auquel il reviendra le cas échéant de donner son aval ?

Je vous rappelle que dans un contexte qui se rapproche très fortement de celui-ci, c’est-à-dire le dernier conseil métropolitain d’une mandature, pour un projet structurant à très haut coût financier et dans un contexte de risques juridiques importants, la MEL avait procédé le 1er février 2008 à l’attribution du marché du Grand Stade. 17 ans après ce vote, les suites désastreuses de ce conseil communautaire ont agi comme un poison lent et viennent seulement de trouver leurs conclusions judiciaires.

Dérives du budget prévisionnel dans un contexte de crise budgétaire

Je vous signale enfin qu’en juin puis octobre 2019, son premier mandat arrivant à sa conclusion, Damien CASTELAIN avait eu la sagesse de retirer de l’ordre du jour du conseil métropolitain les délibérations qu’il comptait présenter pour lancer la construction du « Biotope 2 », comme on l’appelait alors. Le coût d’investissement annoncé était, à ce moment-là, de 37 millions d’euros, ce qui était déjà 2,5 fois celui annoncé en février 2018. Alors que le coût d’investissement est aujourd’hui annoncé à hauteur de plus de 80 millions d’euros, je vous demande d’avoir cette même sagesse et de ne pas engager le prochain exécutif métropolitain et le prochain Maire de Lille dans un tel projet sans qu’ils aient leur mot à en dire.

Le contexte budgétaire national incertain a des impacts évidents pour les deux collectivités territoriales que sont la Ville de Lille et la MEL. Cette situation nous impose le contrôle rigoureux de la dépense publique, et la plus grande prudence sur les engagements d’avenir.

C’est pourquoi je vous demande solennellement de bien vouloir procéder au retrait de ces deux délibérations de l’ordre du jour.
Je suis bien évidemment à votre disposition pour en échanger.

Violette SPILLEBOUT

Présidente du groupe Faire Respirer Lille

Conseillère municipale de Lille

Députée du Nord