Ça commence par des histoires d’endives et de chicorée. Ça se termine à la Métropole européenne de Lille. Et, au milieu, la candidate aux municipales a pas mal de comptes à régler. « Faire respirer Lille », son nouveau livre, sort ce lundi.

Ça aurait pu s’appeler Le Mur 2, en écho à L’Autre Mur : vade-mecum pour une République en paix, le premier récit politique que Violette Spillebout a publié en janvier 2024. Un livre dans lequel elle est revenue sur son parcours, du cabinet de Martine Aubry à l’Assemblée nationale et s’est longuement épanchée sur « les pressions, les violences, les rumeurs et les tricheries » qu’elle dit avoir subies depuis qu’elle s’est engagée dans la course au beffroi lillois. Ce nouveau bouquin, dont La Voix du Nord livre ici les bonnes feuilles, ne s’intitule pas Le Mur 2, mais plus prosaïquement Faire respirer Lille, vade-mecum pour une ville en paix. Il sort ce lundi, en pleine campagne des municipales.
Un peu plus de 200 pages, une vingtaine de chapitres au fil desquels la candidate aux municipales de mars prochain tire à vue. Sur Martine Aubry… bien sûr, « dont j’ai largement décrit les méthodes dans mon premier livre ». Parmi les salves de 2026, celle-ci : « Pour détruire ses adversaires, il faut détruire leur réputation, s’affranchir de toute vérité et de toute morale. Diffamez, diffamez, il en restera bien quelque chose. »
Violette Spillebout revient également sur la piétonnisation de la Grand-Place, qui démarre ce lundi 12 janvier. « Nous ne pouvons que nous en réjouir puisque nous défendons cela depuis 2019. » Évidemment il y a un « mais » : « Un grand sujet à Lille qui mériterait tellement plus d’efforts et de propositions que les mesurettes accouchées dans la douleur par l’actuelle municipalité. » Et qu’aurait-il fallu faire ? Elle dit vouloir s’inspirer de l’exemple gantois. « Gand excelle dans l’organisation de la piétonnisation, de l’urbanisme et des commerces. Le centre-ville est vivant et largement fermé à la voiture. La vitalité commerciale est une réussite. » À Lille ? « Nous avons un lourd problème à Lille avec son centre et sa dévitalisation. Les commerçants appellent au secours car il est impossible de se garer. » Un tacle appuyé au passage aux écologistes : « Force est de constater qu’on peut rencontrer des élus écologistes ouverts et non dogmatiques qui acceptent d’échanger sur les bonnes solutions. Chose complètement inimaginable à Lille puisque pour nos écolos lillois, je suis presque assimilée à l’extrême droite. »
Dans ce réquisitoire, il est aussi question de sécurité routière. « Comme maire de Lille, j’en ferai un axe fort de la politique municipale. » Elle regrette « trop d’accidents, trop de vies brisées sur nos boulevards, souvent à cause de la vitesse, de l’alcool ou du protoxyde d’azote. »
Violette Spillebout profite de cette séquence pour revenir sur l’accident de la circulation impliquant Jean-Louis Brochen, mari de Martine Aubry et ancien bâtonnier du barreau de Lille. « En février 2024, un grave accident a lieu boulevard de la Liberté à Lille, écrit-elle. J’apprends qu’il y a une victime, que le commissariat où cette dernière a déposé sa plainte a transmis la plainte à la mairie de Lille sur intervention du cabinet du maire. Lille est une petite ville et tout se sait. » Des méthodes que La Voix du Nord ne s’est jamais fait confirmer. « À la description du déroulé des faits, un tel délit de fuite aurait pu valoir au mari de Martine Aubry deux ans de prison et 15 000 € d’amende. Mais non. Entre l’accident et la sortie de l’hôpital de la victime, l’affaire est clôturée en deux jours. » Classée sans suite dans un premier temps, une enquête a depuis été rouverte par le parquet de Lille.
Emmanuel Crapet pour La Voix du Nord du 11 janvier 2026
Le livre, en vente à partir de ce lundi, est préfacé par Philippe Amouyel, professeur de santé publique et ancien directeur général de l’institut Pasteur de Lille.Le livre est disponible au Breath Café, 17, rue Jean-Sans-Peur à Lille ; par internet.






