CONSEIL MUNICIPAL

20 Minutes : Municipales à Lille : Violette Spillebout veut aller au bout du combat judiciaire contre la réélection de Martine Aubry

Malgré l’avis négatif du rapporteur public du conseil d’Etat, l’élue d’opposition estime qu’il y a trop d’irrégularités constatées lors de la réélection de la maire de Lille en juin 2020

Violette Spillebout conteste en justice la réélection de Martine Aubry — DENIS CHARLET / AFP

Plus d’un an après la victoire de la liste de Martine Aubry, les élections municipales de Lille se poursuivent toujours sur le terrain judiciaire. Après la courte victoire de la maire sortante en juin 2020 (227 voix d’avance), la liste Lille Verte menée par Stéphane Baly (arrivée en 2e position) et la liste Faire Respirer Lille (LREM) de Violette Spillebout (3e) avaient déposé des recours pour annuler le scrutin en raison d’« irrégularités ».

Déboutés devant le tribunal administratif de Lille le 4 mars dernier, ils avaient porté l’affaire devant le Conseil d’Etat​. Mais au terme des conclusions prononcées à l’audience mercredi 7 juillet, la rapporteure publique a proposé de rejeter une nouvelle fois les requêtes. Si les juges rendront leur verdict dans quelques semaines, il semble désormais peu probable que l’élection municipale de Lille soit annulée.

177 voix d’écart au lieu de 227

Pourtant, comme l’a rappelé la liste Lille Verte dans un communiqué, la rapporteure publique a confirmé les irrégularités portant sur 50 signatures d’électeurs (2 de plus qu’en première instance) pour 13 bureaux de vote. Ce qui fait que l’écart de voix au deuxième tour entre les listes Aubry et Baly passerait de 227 à 177 voix.

De son côté, Violette Spillebout ne désarme pas. Dans une note en délibéré déposée au dossier, la conseillère municipale d’opposition rappelle les principaux griefs qui justifient selon elle l’irrégularité du scrutin. A commencer par les conditions d’embauche à la mairie de Lille de Licia Boudersa, ex-championne du monde de boxe, quelques jours après le premier tour. Une sportive de haut niveau qui avait publié une vidéo de soutien à Martine Aubry sur les réseaux sociaux peu avant le scrutin.

Quatre points posent problème selon Violette Spillebout

« La rapporteure publique a estimé que le soutien de Madame Boudersa n’aurait déterminé le vote que d’une vingtaine ou d’une trentaine d’électeurs. Il sera aisé de démontrer le contraire. Le soutien de Madame Boudersa a assurément fait basculer des centaines de voix dans cette élection qui s’est jouée à un millième des inscrits », rappelle l’élue en insistant sur le nombre de partages de la vidéo sur les réseaux sociaux

Autre contentieux évoqué : un mail « intimidant » envoyé par la présidente de l’ALFPH (Association lilloise pour favoriser la participation des habitants) à des associations de la ville. Un courrier considéré comme une initiative personnelle selon la rapporteure publique. Enfin, la diffusion d’un documentaire consacré à la maire de Lille quelques mois avant l’élection ainsi que les comptes Twitter et Facebook de Martine Aubry, considérés par la rapporteure publique comme des comptes privés, ont aussi été pointés du doigt par Violette Spillebout.

« Je ne lâche rien parce que je crois en la politique »

Mais ces quatre points ne devraient pas inverser la tendance d’une juridiction qui suit les recommandations du rapporteur public dans plus de 95 % des cas. Alors, pourquoi s’acharner ? « Je ne lâche rien parce que je crois en la politique. J’ai envie de redonner confiance à celles et ceux qui se sont fortement abstenus aux élections. Et on veut montrer qu’on va jusqu’au bout de ce qui nous semble juste. Quand j’ai Martine Aubry en face de moi au conseil municipal, j’estime qu’elle n’a pas été élue légitimement au regard de l’ensemble des actions menées pendant la campagne municipale. Je pense que c’est un combat noble et on a envie de faire confiance au conseil d’Etat », estime l’ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry. Verdict attendu d’ici deux à trois semaines.

François Launay – 20 Minutes du 9/07/2021