COMMUNIQUÉSCONTRIBUTIONS

Ma réponse à GREENPEACE

Engagement sur la sortie des véhicules polluants

En amont des élections municipales de mars prochain, voici les sujets clefs sur lesquels les référents Transports de Greenpeace Lille interpellent les candidats, face à l’urgence climatique et sanitaire : 

  • Vous engagez-vous à poursuivre la mise en place de la zone à faibles émissions sur un périmètre géographique ambitieux, en intégrant les différentes catégories de véhicules polluants, notamment les véhicules individuels, et en prévoyant des mesures d’accompagnement social ?
  • Etes-vous favorable à un objectif de sortie complète des véhicules diesel pendant le prochain mandat ? Êtes-vous favorables à un objectif de sortie complète des véhicules essence et à quel horizon ? 
  • Etes-vous favorable à mettre fin aux projets routiers et autoroutiers ? Plus globalement, vous engagez-vous, et comment, en faveur d’une dépriorisation de la place de la voiture en ville et du développement des alternatives ? 

“Nos propositions doivent être à la hauteur des défis actuels pour que notre ville prenne enfin ses responsabilités sur l’urgence climatique. Car si nous sommes la première génération à subir concrètement les conséquences du dérèglement climatique, nous sommes surtout la dernière qui peut y remédier ! Pour la planète, il n’y a pas de plan B. Pour Lille non plus : nous devons viser une ville et une métropole zéro carbone à horizon 2035, nous sommes responsables de la réussite de cette transition sociale et environnementale.

Pour cela, nous vous proposons des choix innovants et courageux. Ces projets, résumés dans mon programme, je m’engage à les co-construire avec les citoyens et les acteurs socio-économiques. Et je m’engage à des transitions progressives, en douceur, vers ces changements importants. 

Car les Lillois ont envie de devenir pleinement acteurs de leur avenir et qu’on cesse de penser à leur place. Je sais pouvoir compter aussi sur les compétences et l’engagement des 4500 agents municipaux lillois pour relever ces défis.” 

Violette SPILLEBOUT, Édito du programme pour FAIRE RESPIRER LILLE

Je remercie Greenpeace Lille de m’avoir sollicitée le 11 décembre dernier sur ces questions. Des questions qui abordent de nombreux sujets qui sont au cœur de mon programme pour Lille. Il ne vous aura d’ailleurs pas échappé que nous avons choisi comme thème fédérateur « FAIRE RESPIRER LILLE » c’est dire si les préoccupations qui sont les vôtres sont aussi les nôtres. 

De façon générale, devant l’ensemble des questions que soulève la crise climatique, nous visons à la fois la pleine prise de responsabilité, et la nécessaire cohérence de l’action municipale, dans la limite des prérogatives que sont celles d’une municipalité. Par contre, il est évident qu’au sein de la Métropole Européenne de Lille nous souhaitons avoir un rôle moteur, incitateur et exemplaire sur ces sujets, en partenariat avec le plus grand nombre de communes voisines. Aux élections municipales, les Lillois votent pour un(e) Maire et une équipe de 60 conseillers municipaux, mais aussi pour 33 conseillers communautaires pour agir au niveau métropolitain.  

Conscients de l’urgence à agir contre les émissions de gaz à effet de serre, je veux tout d’abord porter à votre connaissance que notre programme intègre trois propositions importantes et novatrices : 

1/ Créer le pôle EuraTransition qui a été récemment présenté publiquement. Par rapport aux questions que vous posez, il sera un lieu d’accueil et de communication auprès des entreprises et des particuliers. Il œuvrera avec les structures existantes dans un rôle transversal, fédérateur et accélérateur. 

2/ Lancer dès le début de la mandature les études d’un ambitieux plan climat visant à atteindre le Zéro Émissions Carbone à l’horizon 2035, à l’image de l’engagement de nombreuses villes européennes que nous avons étudiées et avec certaines desquelles nous ambitionnons de travailler. Il est évident que ce plan comportera un important volet mobilité. 

3/ Nommer au sein de la municipalité un responsable de la transition environnementale et de la résilience, fonction rattachée directement au Maire avec des pouvoirs étendus. Il aura en particulier un rôle à jouer dans les grandes décisions d’investissement et dans la politique achat.

Ceci doit nous permettre d’aborder l’ensemble des sujets de façon globale et non « en silo » comme c’est encore trop souvent le cas. La pollution de l’air est due en partie aux mobilités, mais ne peut être dissociée des activités industrielles, de la production d’énergie, ou encore de l’habitat. Nous voulons souligner ici que notre programme comporte également la promotion des énergies renouvelables, la réduction de la consommation énergétique des bâtiments et plusieurs actions en faveur du développement de l’économie circulaire notamment l’engagement dans une démarche zéro déchets. 

Sur l’ensemble des sujets liés à la transition sociale et environnementale, nous aurons toujours à cœur de proposer, d’inciter et d’améliorer le quotidien de nos concitoyens plutôt que de contraindre voire d’interdire. C’est donc un travail de co-construction que nous entendons mener en relation étroite avec les autres collectivités territoriales, mais aussi avec les entreprises, les particuliers et le monde universitaire. 

De façon très précise, nos propositions sont les suivantes : 

Développement des transports en commun 

  • Transports en commun gratuits pour les – de 26 ans et + de 65 ans
  • Deux nouvelles lignes de tram pour desservir le cœur de ville 
  • Développement des mini-navettes électriques pour accéder aux parkings des zones piétonnes

Lille à vélo

  • Des “Voies Vélo Express Végétalisées” : mise en place d’un réseau sécurisé sur les grands boulevards et grandes rues plantées d’arbres
  • Double sens cyclables systématiques dans les voies à sens unique
  • Installation d’arceaux à vélo et de box sécurisés à proximité des lieux publics et commerces
  • 500 places vélos dans chaque parking
  • Caution solidaire et multiplication des stations VLille
  • Sept nouvelles passerelles réservées aux piétons-vélos pour relier les quartiers (conformément à la carte que nous avons placée au coeur de notre programme papier et sur le site internet de campagne)

Redonner la place aux piétons  

  • Création de façon progressive d’un nouveau secteur piétonnier en cœur de ville et d’une promenade piétonne continue de 5 km entre Saint Sauveur et le Port de Lille, en préservant l’accès à tous les parkings de centre-ville.
  • Nouvelle offre de 100 vélo taxis, avec 5 stations vélo taxis dans le secteur piéton
  • Des trottoirs larges et accessibles, avec une bande lisse de circulation pour les personnes à mobilité réduite, personnes âgées, parents avec poussettes, touristes avec bagages à roulettes, etc. 

Vous constatez à l’énoncé de ces trois premiers thèmes que nous voulons donner une réelle impulsion aux mobilités alternatives sur les courtes distances par l’encouragement à la marche et à la pratique du vélo. En même temps, nous sommes très conscients de la nécessité d’améliorer l’offre de transports en commun. Il est rarement mentionné que les véhicules dits « propres » produisent des particules fines de par l’érosion des pneumatiques et des plaquettes de frein. Il est donc impératif que, pour celles et ceux pour lesquels c’est possible, d’autres formes de mobilité soient trouvées. C’est aussi à cela que répondent les différentes mesures annoncées ci-dessus. 

Mais, comme dans toutes les villes ayant de grandes ambitions en termes de mobilités douces et collectives, nous savons qu’il restera encore des véhicules utilitaires et des véhicules particuliers pendant longtemps. 

Nous avons donc également pris les engagements suivants :

  • 3000 places de stationnement supplémentaires aux entrées de Lille réparties dans 3 parkings silos démontables, connectés aux transports en commun 
  • Repenser le stationnement : nouvelles zones de tarif-résidents, mises à disposition de nouvelles places dans les parkings souterrains, extension du tarif professionnel, gratuité pour les voitures en autopartage, doublement des places pour les personnes à mobilité réduite  
  • Nouvelle gare routière pour les autocars de tourisme et une zone de rendez-vous pour le covoiturage aux abords de Lille 
  • Voie réservée au covoiturage, bus, taxis, ambulances… sur le périphérique et les autoroutes à proximité 
  • Bornes de recharge pour les véhicules électriques dans tous les nouveaux projets 
  • Développer la livraison des colis en véhicule électrique et à vélo 
  • Création d’une ZFE (zone à faibles émissions) avec sortie du diesel d’ici à 2026 et sortie de l’essence d’ici à 2035

Sur ce dernier sujet, et pour répondre plus précisément à l’une de vos questions, nous confirmons être partisans d’une mise en place rapide d’une ZFE. Comme vous l’avez souligné, elle devra porter sur un périmètre géographique qui soit le plus large possible, et nous nous engageons à œuvrer en ce sens auprès des autres communes de la MEL. L’importance des trajets métropolitains en particulier dans le cadre des trajets domicile-travail milite clairement pour cette approche.

Dans un premier temps, à l’image de plusieurs villes Françaises, nous proposerons des solutions et des alternatives à tous les véhicules de type poids lourds et utilitaires légers, avec une ZFE applicable 24h/24h et 7j/7j. Ceci se fera avec un échelonnement dans le temps selon les classes Crit’AIR pour un objectif de 100% de véhicules utilitaires propres dans la Métropole en 2030, dont une sortie du diesel en 2026. Pour cela, il faudra mettre en place des aides à la conversion vers des mobilisations propres, cumulables avec les aides nationales.

En ce qui concerne les véhicules individuels, nous mènerons une démarche parallèle qui, comme la précédente, ne saurait en aucun cas être faite sans écouter, dialoguer et accompagner celles et ceux pour lesquels le besoin de mobilité est absolu. Le passé nous a montré que la brutalité des initiatives était le meilleur chemin menant à l’échec. 

Or nous voulons clairement réussir la transition vers les nouvelles mobilités. 

La ville s’engagera aussi à passer progressivement l’ensemble des véhicules municipaux à des motorisations électriques et à hydrogène.

De façon à rendre cela possible, nous souhaitons travailler tout particulièrement à la création des nouvelles infrastructures urbaines nécessaires. Développer un réseau de bornes de recharge, qu’il s’agisse d’électricité ou d’hydrogène, est un préalable indispensable au développement de nouvelles mobilités, ceci fera donc aussi partie de notre plan Lille zéro carbone 2035. A cette date, et en lien avec l’évolution métropolitaine et nationale, le plan Lille Zéro Carbone 2035 devrait valider la quasi totale disparition des motorisations thermiques.

L’ensemble des propositions que nous faisons vont bien dans le sens de « dé-prioriser » l’usage de la voiture en ville. Nous ne voulons pas le faire de façon brutale, sans concertation ou sans considérer les cas individuels (personnes âgées, personnes handicapées notamment). Nous le ferons de façon concertée, en étant le plus possible à l’écoute de toutes et tous, ceci pour deux raisons que je voudrais souligner en conclusion de ce courrier. La première est que c’est le mode d’action de FAIRE RESPIRER LILLE, et la seconde est que nous sommes convaincus que c’est le meilleur moyen de réussir ces changements que, comme vous, nous appelons de nos vœux, en étant très conscients qu’ils touchent profondément et de façon très sensible tous les Lillois et Lilloises.

Merci pour votre sollicitation, je serai bien sûr heureuse de vous apporter les compléments d’information que vous pourriez souhaiter. 

Cordialement, 

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