CONTRIBUTIONS

Réponse au questionnaire du “Collectif Arbre Métropole Lilloise »

Nous remercions le “Collectif Arbre Métropole Lilloise” qui nous a sollicités pour répondre à ce questionnaire à la fois riche et intéressant.

Celui-ci nous a fait réfléchir plus encore au devenir de l’arbre à Lille et dans la métropole lilloise. 

Dans une ville trop minérale, qui subit plus de 60 jours de pics de pollution (contre 3 recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé), avec moins de 20 m2 de verdure par habitant (de 13 à 20m2 selon les comptages, contre 48m2 en moyenne dans les grandes villes françaises !), face à l’urgence climatique, face aux demandes légitimes des Lilloises et des Lillois, Violette Spillebout et son Collectif Faire Respirer Lille annoncent leur ambition de verdir la ville avec des actions fortes ! 

Planter des arbres fait partie des actions qui vont nous permettre de rattraper le retard que la ville a pris. Il nous faut investir à la fois dans la plantation d’arbres, la sauvegarde et la protection du patrimoine arboré existant. Des actions budgétées. Ce que l’arbre apporte n’a pas de prix.

1. Quels sont les bienfaits de l’arbre en ville ou du patrimoine arboré qu’il faut défendre ?

Protègent et favorisent la biodiversité

Les arbres offrent un habitat et de la nourriture pour la faune (oiseaux, écureuils, etc.), mais aussi pour les insectes.

Les arbres dans leur diversité constituent également à la richesse de la flore. 

Meilleure gestion des eaux pluviales

Les arbres fertilisent les sols et contribuent à gérer la ressource en eau. En captant l’eau en surface, ils aident aussi à la bonne gestion du ruissellement des eaux pluviales.

Améliorent la qualité de l’air

L’arbre est source de vie: il piège les émissions de CO2 et produit de l’oxygène.

Les arbres luttent donc contre le réchauffement climatique provoqué par un excès de carbone dans l’atmosphère. 

Luttent contre les îlots de chaleur

L’arbre agit contre les effets du réchauffement climatique en atténuant la chaleur et en créant des îlot de fraîcheur.

Améliorent la qualité urbaine et la qualité de vie

L’arbre, au delà de son aspect esthétique, améliore le cadre de vie des habitants avec un effet positif sur le moral et les émotions, dans la rue, pendant les événements de loisirs, ou au travail (une vue sur un espace arboré permet une détente, une réduction du stress, un bienêtre au travail) 

2. Connaissance et protection du patrimoine arboré de votre commune :

Combien d’arbres sont présents sur votre commune ? Combien d’arbres remarquables sont identifiés ? Certains arbres ou espaces boisés sont-ils protégés ? comptez-vous développer des protections en faveur de l’arbre ?

2017 = 32 470

2018 = 32 615 (+145)

2019 = 34 343 (+ 1728) au 1/01/2019  

(Source Rapport DD Lille 2019)

Nous ne disposons pas d’information plus précise.  Si Roubaix a mis en opendata ses données sur les arbres remarquables, ce n’est pas le cas de la ville de Lille. 

La ville de Lille brille par l’absence d’un Open DATA, de transparence en général. On ne peut donc croire aux données livrées par la mairie qu’en lui faisant confiance. 

A notre connaissance, deux arbres remarquables sont clairement identifiés à Lille : le marronnier du jardin des Dondaines et le platane du square Ramponneau.  Il n’existe, à Lille pas, d’espace Naturel protégés.

Protéger les arbres, c’est d’abord les connaître et les identifier : c’est pourquoi nous souhaitons mettre en place un Open Data.  Nous sommes totalement pour développer et élargir la protection des arbres dans la ville. 

Êtes-vous prêts à développer la connaissance du patrimoine arboré et comment ? Etes-vous prêts à mettre cette connaissance à disposition des citoyens et à mettre vos données en open data ?

Nous sommes prêt à développer une base en ligne (Open Data) de référencement des arbres et des espaces verts de la ville. 

A l’instar de Paris ou Bordeaux, nous créerons une carte d’identité de l’arbre en précisant son essence, son âge, son état, sa hauteur, sa circonférence, les dernières interventions (élagage, soins, etc..) 

Cet OpenData sera bien-sûr, comme son nom l’indique, ouvert aux habitants, aux associations, aux entreprises 24h/24h.

3. La commune dispose-t-elle de techniciens spécialisés en matière d’arbre ? Êtes-vous prêts à renforcer la formation du personnel municipal en matière d’arboriculture?

À Lille, selon l’ADEME, il y a la présence d’une équipe constituée d’un ingénieur, de deux techniciens et de quatre élagueurs. 

Nous sommes prêt à renforcer la formation du personnel en arboriculture, mais également à faire des campagnes de communication dans la ville pour sensibiliser les habitants aux bénéfices écologiques et environnementaux de l’arbre en ville. 

Nous prévoyons la présence d’un gardien dans les parcs les plus grands pour garantir la propreté, l’état de santé du parc, la sécurité et le respect de la biodiversité, des équipements sur place.

4 & 5. Que pourriez-vous faire pour sensibiliser les propriétaires privés, syndics de copropriété ou bailleurs sur l’intérêts de l’arbre et les bonnes pratiques de gestion : protection, plantation, élagage doux, biodiversité…?

4 & 5. Pour respecter au mieux la séquence ERC “éviter, réduire, compenser” inscrite dans la Loi :

Pouvez-vous vous engager à éviter le plus possible les abattages d’arbres, à les réduire au strict minimum indispensable ?

Vous engagez-vous à informer la population et les riverains des projets qui pourraient atteindre le patrimoine arboré en amont des décisions ? comment ?

Les deux questions peuvent, à notre sens, être rassemblées pour vous donner une réponse commune. L’arbre contribue à rendre la ville plus attractive et est le contrepoint paysager à un univers souvent trop minéral comme à Lille.

Nous souhaitons nous doter d’une réglement qui, plus que théorique comme le serait une charte, serait un outil pratique et évolutif sur la question de l’arbre en ville à destination de l’ensemble des acteurs qui participent à la construction de la ville de demain. 

Il serait soumis à signature au président de la MEL, aux grandes institutions et administrations locales, aux bailleurs sociaux, aux promoteurs immobiliers, au CNOA, aux entreprises de travaux, aux syndics de copropriété,urbanistes et architectes etc. 

Bien entendu, ce document serait rendu public et la ville communiquerait sur les différents réseaux, site internet, etc. pour que tout un chacun puisse y être sensibilisé, et puisse entreprendre de changer ses comportements. 

Cette sensibilisation à l’écologie passe aussi par l’éducation, notamment à l’école. 

Nous proposons :

  • d’installer des coeurs de verdure, des arbres, potagers et composteurs dans les cours d’école publique
  • de labelliser “E3D” des “éco-écoles” en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale pour rendre réceptif les écoliers et les familles au développement durable. 

En matière de développement du patrimoine arboré communal

6. Quels sont vos engagements en matière de plantation d’arbre dans l’espace public, les places, les rues ? par exemple allez-vous réaliser de nouvelles rues plantées …

Nous souhaitons accélérer le rythme de plantations durant le mandat, avec environ 3000 arbres plantés par an à Lille, soit au moins 18000 arbres d’ici 2026.

Le grand parc des Remparts, véritable coulée verte au nord de Lille, sera aménagé, agrandi et rendu plus visible.

Le parc Saint-Sauveur sera relié au Parc Jean-Baptiste Lebas avec une voie piétonne avec l’ouverture plus large des grilles du parc.

Le nouveau parc des Pyramides & de l’Ile des Bois Blancs autour de Marx Dormoy sera relié par une passerelle piéton / vélos.

Une forêt urbaine sera créée sur l’îlot Boschetti à Bois-Blancs.

Une forêt urbaine sera implantée au Parc du grand but à Lomme qui redeviendra accessible, avec un chemin en provenance du métro, une navette d’accès, et des entrées identifiées.

Les 3 nouveaux grands espaces naturels Bioparcs permettront de :

– recréer des espaces naturels et de biodiversité

– participer à l’éducation écologique des enfants 

– favoriser les loisirs en famille 

– compléter l’offre de sports nature

– susciter de l’émotion par l’immersion dans la nature

Les 2 nouvelles forêts urbaines de 3000 arbres chacune à Lille seront à la fois une réserve naturelle de biodiversité, et un véritable biotope au coeur de la cité afin que s’y expriment en symbiose les ressources naturelles animales et végétales. 

Nous engagerons bien sûr toutes les concertations nécessaires. Une fois les marchés de travaux passés, viendra alors le temps des aménagements et des plantations. Il nous faudra forcément respecter le cycle des saisons. 

Dans ces conditions, la livraison de l’ensemble des 5 nouveaux espaces naturels pourra se faire à partir de l’année 2022.

Nous proposerons également de transformer 25 grands axes, boulevards et rues de Lille, pour les rendre plus propices à la marche à pied ainsi qu’au vélo, avec un double sens cyclable sécurisé, et des rangées d’arbres et des massifs plantés partout où c’est possible. 

Sur une rue sans difficulté de réseau souterrain empêchant les plantations, il est possible de planter un arbre au moins tous les 10 mètres. 

50 coeurs de verdures

Les Coeurs de verdure allient un secteur végétal arboré et des espaces de loisirs ou de repos (bancs, espaces de jeux pour enfants, etc.) sur des places, squares et carrefours à réaménager, sur des espaces en friche, des espaces délaissés municipaux et privés. 

Liste de premiers Coeurs de verdure : 

Square Morisson, Square Daubenton, Square de Ratisbonne, Place Maurice Schumann, Place Philippe Lebon, Place Jeanne d’Arc, Place du Maréchal Leclerc, Place Rihour, Place du Concert, Place Hentgès, Place de Strasbourg/Ronde, Place de la République, Place aux Bleuets, Place des Reignaux, place Caulier, Place Casquette, Espace Béranger, rue Boissy d’anglas, angles avenue Peslin – Dunkerque, rue Gutenberg ( ex usine peugeot), 59 rue Eugène jacquet, site de l’ancienne Poste, angle rues de Maubeuge- Jean Jaurès, rue bastion saint André, place pierre Dupont, ilot rues Lafarge-Austerlitz, rue du faubourg des postes (école Turgot), rue jean Giraudoux, angle rues Saint Druon- faubourg de Roubaix….

Liste à compléter en travaillant avec les habitants et les acteurs de chaque quartier.

Cette végétalisation se fera dans le respect de la ressource en eau (sobriété dans l’arrosage et récupération des eaux usées ou de pluie).  

Nous voulons aussi que les Lillois(e)s se réapproprient les parcs et squares existants, avec la présence d’un gardien de mai à octobre, pour la surveillance, la propreté,…

7. Avez-vous un projet de trame verte ? par exemple peut-on assurer les continuités arborées sur votre commune …

De l’ilôt Boschetti au jardin des plantes nous avons la possibilité à terme de construire une vraie trame verte, nous pensons même que les anciens remparts pourraient être un grand cercle de nature qui liraient les quartiers extra et intra périphériques entre eux. En attendant, nous proposons de faire des coutures entre les parcs existants et en en créant de nouveaux pour les connecter et commencer cette grande trame verte.

Dans la partie intra muros de Lille, nous prévoyons de larges voies vélo végétalisées : 25 voies vélo végétalisées prendront place sur de grand axes qui deviendront de véritables rues végétalisées et plantées d’arbres. Ainsi nous connecterons les espaces verts entre eux (nos 50 premiers coeurs de verdure) pour former un grand maillage vert de la ville. 

8. Considérez-vous qu’il soit possible de laisser s’épanouir la végétation sauvage ? Par exemple à travers la gestion différenciée des espaces verts, par exemple en préservant des friches ensauvagées comportant des arbres colonisateurs ? Avez-vous des exemples sur votre commune où une part de nature sauvage serait possible ?

En étroite collaboration avec les habitants, nous laisserons faire la nature dans certains coeurs de nature.

Dans nos deux Bioparcs et dans nos forêts urbaines l’intervention de l’homme sera très limitée.

Nous sommes également favorables à ce que certains coeurs de nature soient gérés par des collectifs citoyens. 

Convaincu que les habitants sont sources de changement et d’innovation, nous souhaitons leur donner une place particulière pour qu’ils soient acteurs de leur territoire.

Nous comptons laisser une part de nature sauvage sur Saint Sauveur : sur les 23 hectares que comptent la friche, le projet actuel n’offre que 8 hectares d’espaces verts dont seulement 5 seront accessible aux habitants, les 3 autres étant réservés aux locataires ou propriétaires des logements. 

Etant donné la situation sanitaire, écologique actuelle (en 2018, la métropole de Lille a été le théâtre d’une soixantaine d’épisodes de pollution aux particules PM 2,5, soit vingt fois plus que les recommandations de l’OMS) et la forte demande des Lilloises et des Lillois en espaces de nature et de loisir, étant donné la saturation des espaces verts existants à Lille, cet espace de 5 hectares est très insuffisant.

Nous voulons un vaste parc de 15 hectares pour Lille. Sur ces 15ha nous travaillerons avec les associations de protection de la nature locales à la mise en place de zones de nature sauvage.

9. En cas de projets d’aménagement, comptez-vous favoriser l’implantation d’arbres ? Seriez-vous prêts à prévoir, en amont, dans les cahiers des opérations des objectifs de maintien des arbres pré- existants et de plantation d’arbres nouveaux ?

Nous prévoyons de garantir dans un cahier des charges, en amont, la préservation de la faune et la flore existante, soit en la préservant, soit en la déplaçant dans des conditions optimales bien avant les travaux. 

Tout comme le patrimoine architectural, le patrimoine arboré sera étudié et respecté avant chaque travaux. 

Nous voulons associer les lilloises et les lillois à la création et au suivi de chaque projet de la Ville, ainsi nous inclurons également les associations locales aux décisions et au suivi du projet pour respecter au mieux le patrimoine arboré de la ville. 

10. Comment allez-vous développer des ilots de fraicheur arborés en ville ?

Nous créerons 50 coeurs de verdures : des îlots de fraîcheur à moins de 5 mn de chaque lilloise et lillois.

Comme nous l’avons évoqué plus haut, nous planterons des arbres sur les grands axes et les places. 

Des parcs seront agrandis comme le parc des remparts, d’autres seront créés comme le parc des Pyramides et le Bioparc de Saint-Sauveur. (Un corridor de 15ha pour celui de Saint Sauveur) 

11. Les cours d’écoles de la Métropole sont identifiées par l’agence d’urbanisme de Lille comme les pires ilots de chaleur. Combien de cours d’écoles allez-vous planter pour les rendre hospitalières aux enfants ?

Nous souhaitons que soient développés des cœurs de verdure, potagers et composteurs dans les cours des écoles publiques. Dans ce sens, nous proposons de planter des arbres dans chaque cour d’école où cela est possible. 

Réponses apportées par la Liste :  Faire Respirer Lille

Tête(s) de liste : Violette Spillebout / Commune(s) : Lille, Hellemmes , Lomme

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