CONTRIBUTIONS

Lille, zéro carbone en 2035 : le plan d’action Climat

La ville confrontée à l’urgence climatique : constats et propositions

Photo Laerke Posselt VU

Cette contribution comprend trois parties, la première pour rappeler ce qu’est l’urgence climatique, la seconde pour présenter une démarche inspirante, la troisième est une première proposition pour Lille.

1/ En 2020 l’urgence climatique est devenue une réalité

Depuis quelques années la communauté scientifique a beaucoup progressé dans la connaissance des équilibres de notre planète. 

Elle a découvert, et continue de découvrir, les rouages d’un merveilleux système, très complexe, qui au fil des millions d’années a permis d’accueillir et de faire prospérer ce miracle qu’est la vie. 

Aujourd’hui nous savons que depuis quelques siècles (certains disent plus) l’activité humaine perturbe de plus en plus ce système en y apportant des éléments complémentaires qui viennent modifier certaines des interactions entre les composantes du système Terre. 

On en a une vue assez claire depuis une cinquantaine d’années. 

Sans vouloir rentrer dans la « collapsologie », tous les indicateurs dont on dispose montrent que la machine s’emballe et que des changements importants, susceptibles d’affecter notre vie au quotidien, ont des probabilités très élevées de se produire dans un horizon temporel qui concerne toute personne ayant aujourd’hui une espérance de vie égale ou supérieure à une dizaine d’années. Ceci dans l’hypothèse où l’activité humaine continuerait de se développer « business as usual ».

Nous ne rentrerons pas ici dans les détails de cette affirmation, elle est validée par de nombreuses études scientifiques produites par des organismes reconnus comme le GIEC ou l’ONU (UNEP).

Aujourd’hui on n’est même pas sûr qu’une augmentation moyenne de 2°C nous permette d’éviter des phénomènes d’effets de seuil qui font que le système Terre devienne incontrôlable.

Rappelons juste qu’il a fait 41,4° à Lille cet été.

Nous devons aussi être conscients que plus le temps passe et plus il va être difficile de « redresser la barre ». 

Dans ce contexte, les villes, qui regroupent de plus en plus de femmes et d’hommes sur Terre, jouent et joueront de plus en plus un rôle très important. (Elles ne sont pas seules à avoir un rôle majeur, les grands puits de carbone que sont la forêt Amazonienne ou l’ensemble des océans sont également très importants dans leur rôle de compensation, ou d’absorption, mais ce n’est pas le propos ici).

Heureusement, la conscience du rôle des villes existe depuis longtemps chez certains gouvernants. On citera ici par exemple les trois réseaux que sont C40 (94 métropoles en transition énergétique), Energy Cities (Association Européenne des Villes en Transition Energétique), et enfin 100 Resilient Cities.

1 https://www.c40.org/ / 2 https://energy-cities.eu/fr/ / 3 https://www.100resilientcities.org/

En France seule Paris fait partie de C 40, mais une ville comme Heidelberg par exemple (150 000 habitants environ) en Allemagne en fait partie. Proches de nous, Amsterdam et Rotterdam en sont également. 

Lille adhère à Energy Cities.

La seule ville de France faisant partie des villes résilientes est encore Paris, mais Vejle (Danemark) de 53 000 habitants y est…

Au fil du travail fait en région, notamment avec Jeremy Rifkin, un regard sur les projets et ambitions d’un certain nombre de territoires et de villes a été porté. On citera ici Sonderborg, Stuttgart, Malmö, Stockholm, Thysted, Copenhague, Manchester… Toutes se sont engagées dans des démarches structurées. Oui, ce sont majoritairement des villes du Nord, c’est d’autant plus intéressant qu’elles offrent ainsi des parallèles avec la nôtre. 

Dans une analyse globale, faite sur trente capitales Européennes et portant sur huit critères : CO2, Énergie, Bâtiments, Mobilité, Eau, Déchets, Qualité de l’Air, Gouvernance Environnementale, Copenhague, Stockholm et Oslo se retrouvent en tête sur de nombreux critères.

Nous aimerions tant que Lille ait des ambitions, qu’elle prenne complètement ses responsabilités sur ce sujet, qu’elle s’inscrive dans le XXIème siècle, qu’elle cherche à être résiliente, qu’elle réponde à l’urgence climatique, et nous pensons que c’est possible. 

Nous aimerions que Lille soit leader en la matière, mais nous n’avons pas le sentiment que ce soit le cas actuellement (même si elle fait partie du réseau Energy Cities). 

C’est maintenant une question de prise de responsabilité, de la part de chacun d’entre nous, des entreprises, et de nos élus à tous les niveaux.


2/ La belle ambition de Copenhague

Cette ville d’environ 600 000 habitants a annoncé en 2012 une ambition forte, claire et emblématique : Être Zéro Carbone en 2025. Il est d’autant plus intéressant de voir ce qui s’y fait que des nouvelles récentes semblent annoncer un succès de la démarche.

Voici ce que la municipalité écrit dans le préambule de la présentation de leur projet :

Copenhageners will have so much to gain from the implementation of the Climate Plan. With the Climate Plan, we invest in growth and quality of life: clean air, less noise and a green city will improve everyday life for Copenhageners. The investments will secure jobs here and now – and the new solutions will create the foundation for a strong, green sector.

Le programme s’articule autour de quatre domaines principaux :

  • La consommation d’énergie
  • La production d’énergie
  • La mobilité
  • Les initiatives de la Gouvernance Municipale

Avec toujours comme toile de fond la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est ce qu’on oublie souvent en France dans nos programmes alors que c’est la base de tout. On devrait par exemple se poser, à chaque fois qu’une décision importante est à prendre, la question : Est-ce que la décision que je vais prendre va contribuer ou non à diminuer mon empreinte carbone, ou celle de mon activité, ou celle de ma ville ?

Le plan de Copenhague résulte d’un travail et d’actions démarrées en 2009. C’est donc sur une durée de seize années que s’étale la démarche de cette ville, qui, au départ, disposait déjà de sérieux atouts sur le sujet.

Il serait ambitieux, mais sans doute pas déraisonnable, de travailler un plan de ce type permettant à la ville de Lille de viser un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2035.

Le document le plus récent que nous avons consulté est un rapport intermédiaire qui définit la feuille de route 2017-2020 .Voici les courbes d’émissions de CO2 prévues à Copenhague :

CO2 emissions in Copenhagen 2005-2025

Et ça, c’est absolument bluffant. 

Parce que même s’ils partaient d’une très bonne situation, le fait que cette courbe soit en chute libre depuis 2009 est remarquable. En 2017, voyant qu’ils étaient partis pour suivre une trajectoire insuffisante (courbe noire), ils ont pris de nouvelles mesures qui devraient permettre de rester sur la courbe verte…

Principales actions réalisées entre 2013 et 2016 :

  • 66 projets ont été menés,
  • La production de chaleur et d’électricité centralisée (cogénération) passe progressivement du charbon à la biomasse,
  • Le ramassage des ordures est fait en majorité par des camions alimentés au gaz,
  • 64% des véhicules municipaux sont soit électriques soit à hydrogène,
  • 20 000 lampes d’éclairage urbain ont été remplacées par des LED en 2016 avec un gain en énergie estimé de 57%,
  • Les bâtiments neufs doivent répondre aux réglementations 2020 et des rénovations ambitieuses sont en cours,
  • Pistes cyclables et chemins piétons ont été développés pour assurer de nouveaux liens.

Le budget alloué à ces différentes mesures a été de 810 Millions DKK soit environ 105 millions €.

Voyons rapidement ce que la feuille de route pour Copenhague 2017-2020 propose :

A) Consommation énergétique

Comme ils ont déjà beaucoup avancé sur le sujet pendant des années, ce n’est paradoxalement pas le premier moyen pour eux de réduire les émissions de CO2. Ils s’attaquent aux mêmes problèmes que nous dans la rénovation des bâtiments, avec les mêmes constats.

Et ils mettent l’accent sur tous les bénéfices d’une diminution de la consommation y compris sur le fait que cela prépare le patrimoine bâti au futur (économies, confort…)

Objectifs 2025 (dans le plan 2017) :

  • Réduction de 20% de la consommation de chaleur
  • Réduction de 20% de la consommation d’électricité dans les commerces et services
  • Réduction de 10% de la consommation d’électricité dans l’habitat
  • Installation de panneaux PV pour 1% de la consommation d’électricité

Il y a ensuite tout un ensemble de mesures que nous ne détaillerons pas ici, mais qui seraient parfaitement transposables à Lille, en particulier sur les bâtiments.


B) Production d’énergie

A Copenhague c’est le premier poste d’émission de CO2, les villes du Nord ont depuis longtemps des systèmes de chauffage urbain qui étaient peu vertueux. Ils ont donc décidé de convertir ces systèmes à la biomasse, à la géothermie, à l’éolien et au photovoltaïque.

Le maître mot pour eux est la flexibilité de façon à pouvoir basculer d’une source à une autre, challenge que nous aurons aussi à relever, si on va vers des productions d’énergies renouvelables distribuées.

L’incinération des déchets est, et restera, une source de chaleur, mais pour ce faire il leur faut réaliser une meilleure séparation des plastiques, tout comme des matières organiques qui vont permettre de produire du biogaz.

Objectifs 2025 (dans le plan 2017)

  • Un chauffage urbain neutre en carbone
  • Une production d’électricité renouvelable supérieure à la consommation de la ville
  • La séparation de toutes les matières plastiques dans les déchets
  • La bio-méthanisation de tous les déchets organiques

Une fois encore, ce qui est remarquable dans ces projets c’est de voir qu’ils sont tous évalués à l’aune de la mesure des émissions de CO2.


C) Mobilité

Évidemment là ils ont déjà quelques longueurs d’avance ! Ils prévoient encore plus de piétons, plus de cyclistes, et le développement des transports publics et des infrastructures pour la mobilité électrique et à hydrogène. Et pourtant ils ont du mal à atteindre leurs objectifs sur ce point, y compris parce que les pistes cyclables sont encombrées…

Ils ont développé une infrastructure pour l’hydrogène et sont leaders en la matière.

Objectifs 2025 (dans le plan 2017)

  • 75% des trajets dans Copenhague faits à pied, en vélo ou en transports publics
  • 50 % des trajets pour le travail ou l’école faits à vélo
  • 20% de trajets en plus faits en transports publics par rapport à 2009
  • Transports publics neutres en carbone
  • 20 à 30 % des véhicules légers en nouvelles motorisations
  • 30 à 40 % des véhicules lourds en nouvelles motorisations

D) Exemplarité de l’Administration Municipale

Enfin, Copenhague met en avant la volonté d’exemplarité de la Municipalité avec une implication forte dans la réduction de consommation de ses bâtiments, dans sa politique d’appel d’offres et dans l’achat de véhicules non polluants. Un programme de rénovation de 41 écoles a été lancé et les bâtiments municipaux doivent s’aligner sur les plus hauts standards de performance énergétique. Fin 2015, 62% des véhicules municipaux étaient électriques ou à hydrogène.

Objectifs 2025 (dans le plan 2017)

  • Réduire la consommation des bâtiments municipaux de 40 %
  • Les nouveaux bâtiments doivent tous être conçus selon les meilleures normes 2020
  • Tous les véhicules municipaux devront être électriques, à hydrogène ou au bio-carburant
  • Diminution de 50% de la consommation électrique des éclairages publics
  • 60 000 m2 de panneaux PV seront installés sur des bâtiments municipaux.

Le plus grand gain en bilan carbone doit provenir de la politique d’achat (éco-labels). 250 ambassadeurs du climat ont été formés parmi les élèves des écoles. Et tous ces projets ont été évalués en termes de budget tri-annuel. 

Un article récent du Guardian, faisait un bilan très positif du plan, de ses avancées, et était assez explicite sur le contexte dans lequel ce plan est mené, en soulignant la large acceptation par les habitants.

Un plan concret, revu périodiquement par période de trois ans, avec plus de 60 mesures phares et un suivi rigoureux qui, en 2017, a permis d’identifier une nécessaire inflexion. Une implication forte de la Municipalité qui se veut exemplaire, et un plan qui a reçu l’acceptation de la plupart des habitants.

Pont suspendu à Copenhagen

3/ Pour Faire Respirer Lille

Lille, une ville qui se donne les moyens d’une grande ambition

Avoir l’ambition de faire de Lille une ville zéro carbone en 2035 mérite un plan raisonné en trois grandes phases :

Phase 1/ 2020- 2021

12 à 18 mois pour constituer une équipe, chargée d’établir le programme, faire un état des lieux, valider l’ambition et lancer des démonstrateurs en complément de ceux existant déjà. Cette phase devra bien sûre être menée de façon fortement collaborative. 

Pendant cette phase, l’invitation, voire l’association de quelques grands experts du climat comme Jean Jouzel pourra être précieuse, tout comme un benchmark qui sera fait auprès de villes déjà engagées et sera fondamental. Ce sera aussi le temps de la mise en place la gouvernance d’étude, de déploiement et de suivi.

Phase 2/ 2021-2022

Après validation de la phase 1, les 6 à 12 mois suivants permettront de finaliser les démonstrateurs en cours, le plan et les moyens d’action, et d’obtenir la validation par toutes les parties prenantes.

Phase 3/ 2023- 2035

Il faudra sans doute compter environ une douzaine d’années (c’est un ordre de grandeur) de mise en œuvre et de déploiement par étapes de trois à quatre ans qui permettront de réorienter les actions si cela s’avérait nécessaire.

Bâtir, piloter et mettre en œuvre un tel plan sera un engagement important, lourd de conséquences.  Il sera confirmé, précisé et annoncé en fin de première phase. 

Un lieu d’accueil a déjà été défini : ce sera EuraTransition.

Lille ville gouvernée, qui rend compte

Une gouvernance interne climat sera mise en place dès le début de la première mandature, avec des missions redéfinies par rapport à l’existant.

Un poste de Responsable de la Transition Environnementale et de la Résilience de la Ville sera créé. Rattaché directement au Cabinet du Maire, chargé de piloter la stratégie zéro carbone, il aura droit de regard sur toutes les grandes décisions de la structure en termes d’énergie, de mobilité, de bâtiments, de politique achats…Il aura la responsabilité du suivi et donc des indicateurs qui seront publiés annuellement. 

Lille, Ville responsable et exemplaire

Tous les élus et techniciens ayant un pouvoir de décision recevront une formation sur le dérèglement climatique, ses origines, les enjeux, les solutions…(formation évidemment accessible aussi à toutes celles et ceux qui le souhaiteraient)

A l’issue de la première phase (voir ci-dessus), idéalement courant 2021, la Ville sera en mesure d’annoncer l’objectif annuel de réduction des émissions carbone, qu’elle se sera donnée. En première estimation, cette valeur pourrait être comprise entre 5% et 8% (Ce que nous savons bien être un réel défi). 

La ville mettra en place une comptabilité carbone sérieuse dès la phase 1, seul moyen de disposer des valeurs initiales, de mesurer les enjeux, et d’évaluer les progrès faits année après année.

La ville fera aussi un audit d’adaptation aux changements climatiques et produira sa stratégie de résilience.

Quelques composantes très probables d’un plan zéro carbone

  • Une baisse importante et rapide de la consommation d’énergies fossiles (secteur public et secteur privé) pour arriver à terme à leur disparition quasi totale.
  • Un effort significatif dans le développement des énergies renouvelables sur la métropole.
  • Le développement de la filière hydrogène et des mobilités correspondantes.
  • La mise en place de nouvelles infrastructures.
  • Une très forte évolution des modes de déplacement individuel.
  • Un programme ambitieux de rénovation des bâtiments publics, et un accompagnement fort et incitatif pour les autres bâtiments.
  • La mise en place d’une gouvernance spécifique.
  • Une politique de développement du végétal. 
  • Une meilleure politique de gestion des déchets.
  • Des accompagnements ou incitations au développement de l’économie circulaire.
  • Un plan permettant sous dix ans de préparer la ville et ses habitants à un climat différent. 
  • Une forte implication des jeunes générations, des chercheurs et du monde universitaire.

Ce plan n’est bien évidemment pas encore écrit, mais de nombreuses mesures déjà présentes dans le programme, dont certaines qu’il sera possible de mettre en oeuvre dès le début du mandat, y contribueront. On les retrouve de toute évidence dans les thèmes suivants :

  • Une Mairie exemplaire et éco-responsable
  • La création du « moteur » économique à EuraTransition
  • Diminuer la production de déchets, mieux trier, mieux recycler
  • Bouger facilement à Lille
  • Lille verte et bleue

Des mesures comme les voies vélo express, les transports gratuits pour les – de 26 ans et + de 65 ans (et tout le volet « Mobilité » pour réussir à sortir du diesel dès 2026), la diminution des déchets, des projets comme les trois bioparcs (notamment à Saint Sauveur), les cinquante cœurs de verdure, la création de deux lignes de tram, la réhabilitation de 8000 logements vacants, le doublement des primes d’aide à la rénovation sont de toute évidence les premières « briques » d’un plan Lille zéro carbone 2035.

En synthèse

Cohérence et responsabilité

D’abord une volonté de cohérence : vouloir être zéro carbone en 2035, peut être la colonne vertébrale d’une action, un objectif auquel chacun peut et doit prendre part. Et l’existence d’un plan global aidera à la réussite des actions individuelles.

Ensuite, ce sera l’illustration de la responsabilité assumée par une équipe de femmes et d’hommes qui ont parfaitement intégré les défis qui sont aujourd’hui devant nous, tout en dépassant les clivages politiques et la durée du mandat.

C’est un projet qui permettra aussi d’ouvrir plus notre ville sur sa région, son pays et sur l’Europe.

Oui, il représente une prise de risques et une ambition forte. Copenhague l’a fait et n’a pas l’air de s’en mal porter. Et les risques pris en s’engageant dans cette démarche ne sont rien par rapport à ceux encourus si nous ne faisons rien.

Car demain Lille peut avoir de meilleurs indicateurs dans le domaine de la qualité de l’air, de la santé et de l’économie. Demain Lille, et des villes voisines, peuvent faire partie du groupe des métropoles responsables et impliquées, qui prennent résolument en mains leur destin et celui de leurs habitants, pour bâtir la ville du XXIème siècle. C’est peut-être aussi cela une bonne définition de la « Smart » City. 

Gardons à l’esprit que nous sommes la dernière génération qui peut encore tenter d’infléchir le dérèglement climatique et la première à en subir les conséquences, nous devons agir vite et avoir le courage de faire des changements qui sont à la mesure des problèmes que nous rencontrons.

Demain Lille peut se montrer responsable et exemplaire.

Violette Spillebout, avec Claude Lenglet

Claude Lenglet a co-piloté de grands programmes d’efficacité énergétique des bâtiments et  a travaillé sur plusieurs plans de transition dans les Hauts-de-France et en Europe du Nord

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