CONTRIBUTIONS

TRIBUNE DES ACTEURS CULTURELS LILLOIS EN FAVEUR DU COLLECTIF FAIRE RESPIRER LILLE

La culture nourrit et oriente le développement local, façonne notre rapport au monde et aux modes de vie de nos concitoyens.

Depuis 2004, Lille a gagné une place particulière dans le paysage culturel régional. Notre ville est forte de la présence d’un grand nombre d’artistes, parmi lesquels des talents en devenir et des créateurs de renommée nationale et internationale. Cette place singulière, notre ville l’occupe grâce à l’énergie d’un tissu associatif foisonnant, à des institutions culturelles importantes ainsi qu’à un réseau d’acteurs culturels engagés.

Nous, artistes, associations culturelles, créateurs, sociétés de production, architectes, sommes conscients que depuis un certain temps notre environnement de travail s’est nettement dégradé :

  • Plusieurs structures culturelles ont connu des difficultés ces dernières années : le Festival de l’Entorse, le Théâtre de la Verrière , le Biplan, le Nasdac à Fives (Fivestival), le Festival du Tire-Laine, la Maison Photo etc…
  • La diminution progressive des subventions aux associations entraîne la réduction du volume des actions, une dégradation de la qualité des services et une surcharge de travail des bénévoles comme des salariés
  • La généralisation des financements publics sous la forme d’appels à projets ou d’appels d’offres au détriment des subventions de fonctionnement, aggrave la concurrence entre associations

Ce constat produit des effets de « cannibalisme » qui encouragent les grosses associations à absorber l’activité des plus petites, au détriment parfois de tout ancrage local, de la participation citoyenne et du débat démocratique.

La municipalité sortante considère les institutions culturelles, le réseau d’acteurs mais aussi tout particulièrement le tissu associatif comme des prestataires de services au public et non plus comme des partenaires !

L’inquiétude autour de cette «bipolarisation» de la vie culturelle est réelle.

L’exemple flagrant réside dans la place exponentielle qu’a prise l’association Lille3000 ces 10 dernières années dans le paysage culturel lillois et métropolitain… au-delà de l’hégémonie culturelle qu’impose la structure, ce sont aussi les rémunérations des cadres dirigeants qui interrogent (6.500€ mensuels) et tout particulièrement de l’ancien directeur devenu “conseiller artistique expert” (4.300€ mensuel pour 9 heures hebdomadaires).

Et à contre-courant d’un rapport contradictoire de la Chambre Régionale des Comptes et d’un vote négatif de plusieurs groupes du Conseil Municipal, la Maire de Lille a fait le choix de maintenir son soutien à Lille3000 et même de l’amplifier au niveau de la MEL !

A contrario, le manque de visibilité empêche les autres associations culturelles de se projeter sur plus d’une année, les privant du temps nécessaire à la construction de leurs actions.

Et s’ajoute à cela :

  • La précarisation des conditions salariales (à peine le SMIC à maximum 2000 euros mensuel pour la direction d’une petite ou moyenne structure)
  • La pression exercée en faveur du recours aux fonds privés, alors que le mécénat est principalement dirigé vers les grandes institutions culturelles lilloises (Lille3000)
  • Une trésorerie qui s’est considérablement tendue avec : l’accroissement des subventions sur appels à projets, les financements aux résultats et plus globalement la mise en délibération tardive des subventions

Nous, artistes, associations culturelles, créateurs, sociétés de production, architectes, pour toutes ces raisons, en appelons aujourd’hui à une nouvelle ère et un nouveau souffle sur la culture en soutenant une candidate qui comprend notre situation et qui souhaite la faire évoluer positivement :

Cette candidate, c’est Violette SPILLEBOUT et son Collectif Faire Respirer Lille !

Nous avons lu attentivement son programme et ses contributions : son intention de valoriser et mettre en avant la richesse culturelle et patrimoniale existante, sa volonté de renforcer l’accès à la culture pour tous, de faire revivre la culture populaire, de soutenir et sécuriser les artistes locaux et les structures culturelles de proximité nous confortent dans notre choix.

La culture a besoin à la fois de grandes ambitions et de la fertilisation d’un tissu déjà existant.

Elle a besoin d’une plus grande amplitude, et ce programme nous permet d’espérer pour la première fois depuis des années l’ouverture plus large de cette culture aux Lilloises et aux Lillois, en desserrant le carcan d’un thème imposé tous les deux ans.

Après des années de restrictions dans l‘aide aux uns et d’hégémonie des autres, le programme proposé par Violette Spillebout nous semble être celui le plus à même de redonner de la confiance aux artistes, aux créateurs, aux associations et structures culturelles, aux architectes et paysagistes, aux amoureux de la culture et du patrimoine, et de mettre cette culture à la portée de toutes les lilloises et de tous les lillois.

Lille, le      mars 2020

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