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VDN : Lille, «Policiers, vidéosurveillance, délinquance… le vrai du faux», Violette Spillebout répond

Dans son article du 17 octobre, « La Voix du Nord » propose de « démêler le vrai du faux » sur les policiers, la vidéosurveillance, la délinquance, dans les prises de position lors du dernier conseil municipal du 9 octobre. La chef de file de l’opposition LREM, Violette Spillebout, fait valoir son droit de réponse.

Les vérifications et affirmations de La Voix du Nord concernant mes citations, et qualifiées de « PLUTÔT FAUX » sont erronées. Ces affirmations portent atteinte à ma crédibilité et je souhaite rétablir la vérité.

Les chiffres que j’ai cités sur la délinquance à Lille sont bien réels et alarmants, et ne sont pas « Plutôt faux ». Je disais en conseil municipal que « malgré l’engagement indéfectible de l’Etat et le travail remarquable de nos policiers nationaux et municipaux, en 6 ans, tous les voyants sont au rouge. Depuis 2015, sous vos mandats, les atteintes aux personnes ont augmenté de 42 %, les atteintes aux biens de 38 %, le nombre de cambriolages a explosé, augmentant de 50 % et le nombre de violences sexuelles a plus que doublé. » Les chiffres et les calculs de la VDN doivent manquer de précision, car voici donc le détail des chiffres transmis par le ministère de l’Intérieur entre 2015 et 2019, auxquels j’ajoute d’ailleurs ceux de toute la circonscription de sécurité publique de Lille. On ne peut pas cacher les réalités aux Lillois, ces chiffres sont alarmants !

Cambriolages : 1 728 en 2015 2 599 en 2019 (+50,4 %)

Vols avec armes : 111 en 2015 133 en 2019 (+19,8 %)

Vols de véhicules : 1 155 en 2015 1 114 en 2019 (-3,5 %)

Vols à la roulotte, dans les véhicules : 3 854 en 2015  5 767 en 2019 (+49,6 %)

Violences sexuelles : 190 en 2015 384 en 2019 (+102 %)

Atteintes volontaires à l’intégrité physique : 4 411 en 2015 6 255 en 2019 (+41,8 %)

Atteintes aux biens : 18 144 en 2015 25 084 en 2019 (+38,2 %)

Depuis 2015, les atteintes aux personnes ont augmenté de 42 %, les atteintes aux biens de 38 %, le nombre de cambriolages a explosé, augmentant de 50 % et le nombre de violences sexuelles a plus que doublé.

Pourtant ce n’est pas une fatalité. Dans le même temps, à l’échelle de toute la circonscription de sécurité publique de Lille (54 communes, dont Roubaix, Tourcoing, Wattrelos et Villeneuve d’Ascq) :

Cambriolages : 9 376 en 2015 8 861 en 2019 (-5,5 %)

Vols avec armes : 328 en 2015 268 en 2019 (-18,3 %)

Vols de véhicules : 5 660 en 2015 4 375 en 2019 (-22,7 %)

Vols à la roulotte, dans les véhicules : 12 181 en 2015  10 507 en 2019 (-13,7 %)

Violences sexuelles : 752 en 2015 1 249 en 2019 (+66,1 %)

Atteintes volontaires à l’intégrité physique : 14 021 en 2015  15 812 en 2019 (+12,8 %)

Atteintes aux biens : 58 264 en 2015 54 684 en 2019 (-6,1 %)

À l’échelle de la métropole, le nombre de cambriolages baisse, le nombre de vols avec armes baisse, le nombre de vols de véhicules, de vols dans les véhicules ou d’atteintes aux biens baissent. Rendez-vous compte : Lille, c’est 20 % des habitants de la MEL et 40 % des agressions ! Il est temps de reprendre en mains la sécurité des Lillois !

Il n’est pas faux de dire qu’il n’y a presque pas de caméras de vidéoprotection sur la voie publique à Lille. J’ai dit exactement en conseil municipal qu’il y a « plus de 6 200 caméras aujourd’hui à Lille, mais rappelons aux Lillois qu’elles sont situées dans les transports, les commerces et les institutions, mais presque aucune sur l’espace public. »

Je maintiens, comme le reconnaît d’ailleurs la Préfecture dans l’article VDN, que ce ne sont pas des caméras de vidéoprotection « sur l’espace public » : au delà des 8 caméras de la rue Jules-Guesde et des 168 caméras destinées au trafic routier, toutes les autres sont bien destinées à protéger les transports publics, les bâtiments publics et privés, les halls d’immeubles, les centres commerciaux, les commerces, les institutions, et donc pas les voies publiques. Nous sommes bien d’accord que les près de 6 000 caméras restantes ne sont donc pas orientées sur la protection des rues, des places, des promenades, des bords de Deûle, et des parcs lillois, que j’ai appelés ici « voies publiques ».

Arrêtons donc de laisser croire aux Lillois que les 6 000 ou 7 000 caméras à Lille sont de la vidéoprotection pour la sécurité des voies publiques. Ils savent d’ailleurs tous que Martine Aubry a toujours été opposée à la vidéoprotection et se décide seulement après 3 mandats à l’essayer timidement, au regard de l’échec de la politique globale de sécurité à Lille. Cet article laisse malheureusement à penser que les sujets de sécurité se limiteraient à une querelle de chiffres entre municipalité et État, ou entre majorité et opposition. Mais les réalités sont là : nous ne pouvons pas continuer à faire comme si l’insécurité n’existait pas. Nous devons travailler avec la police municipale, nationale, la justice, la médiation, l’éducation, pour bâtir les conditions d’un vrai partenariat de sécurité, réellement protecteur pour les Lillois.

Voix du Nord du 22 octobre 2020